Fribourg : 2e forum de Fribourg Eglise dans le monde

Qu’en est-il de la mission 100 ans après la conférence d’Edimbourg ?

Fribourg, 22 octobre 2010 (Apic) Du 21 au 23 octobre, l’Université de Fribourg accueille le « 2e forum de Fribourg Eglise dans le monde ». Une occasion pour revenir sur la conférence mondiale d’Edimbourg et pour tirer un bilan, 100 ans après.

L’Institut pour l’étude des religions et le dialogue interreligieux (IRD) de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg organise cette année le « 2e forum de Fribourg Eglise dans le monde ». L’objectif est ici d’aborder des questions touchant à l’Eglise dans le monde, la globalisation, la mission et la rencontre entre les religions. Pour sa deuxième édition, le colloque se construit autour de deux axes principaux : la situation de la mission 100 ans après la conférence mondiale d’Edimbourg, ainsi que la Chine et la Corée.

Le forum est organisé avec la collaboration de Missio Suisse-Liechtenstein, Caritas Suisse, Action de carême, Pain pour le prochain et l’Institut d’Ingenbohl. Il a été couplé avec la rencontre de l’Association Francophone Œcuménique de missiologie (AFOM).

Au lendemain de la conférence de Mgr Isaac Gaglo – qui avait pour titre « L’Eglise au Togo aujourd’hui » – plus d’une soixantaine de personnes assistaient aux exposés de Jean-François Zorn, Marie-Helène Robert et Jacques Matthey. Les trois orateurs, membres du Conseil d’administration de l’AFOM, sont revenus sur la conférence mondiale de la mission d’Edimbourg et ont tiré un bilan provisoire.

Qu’est-ce que la conférence d’Edimbourg ?

Jean-François Zorn, Professeur d’Histoire du christianisme à l’époque contemporaine à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Montpellier, a rappelé les enjeux de la conférence missionnaire mondiale d’Edimbourg. En 1910, des représentants des différentes dénominations protestantes et anglicanes se réunissent à Edimbourg autour de la question de la mission. La manifestation s’inscrit dans le contexte des réveils religieux et du dialogue interdénominationnel. Elle a pour objectif de structurer l’effort missionnaire et donne à cet effet naissance à un comité de suivi et à une revue internationale de missiologie. La manifestation passe en revue les grands problèmes missionnaires de l’époque, abordant par exemple la question des autres religions. Pour les participants, le missionnaire doit, tout en affirmant la supériorité absolue de la révélation chrétienne, traiter les autres religions avec compréhension et sympathie.

Quelles évolutions dans le monde catholique ?

Marie-Helène Robert, Sœur missionnaire de l’Institut Notre Dame des Apôtres, a fait le point sur l’effort missionnaire catholique, 100 ans après la conférence d’Edimbourg. Le concile Vatican II, bien plus que la conférence de 1910, permet l’évolution de la mission dans le monde catholique. Au XXIème siècle, la « Nouvelle évangélisation », héritière de Vatican II mais évoluant dans un contexte différent – mondialisation, urbanisation, sécularisation – ouvre de nouvelles pistes. D’après l’oratrice, cette nouvelle missiologie gagne à être œcuménique car « reconnaître le baptême de l’autre, c’est également reconnaître son devoir missionnaire ».

Quelles évolutions dans le monde protestant ?

Jacques Matthey, ancien directeur du Programme unité, Mission, Evangélisation et Spiritualité du Conseil Œcuménique des Eglises (COE), a présenté l’évolution de la mission en milieu protestant. L’histoire de la mission protestante au XXème siècle est marquée par une série de ruptures : entre tenants des « Fundamentals » et partisans d’une théologie libérale ; sur la question de l’indépendance de la mission par rapport à l’Eglise ; entre opposant et défenseur d’une « politisation » de l’engagement missionnaire (lutte contre le racisme, pour les droits humains). Le mouvement de rapprochement qui accompagne les bouleversements politiques de la fin des années quatre-vingt est le résultat de dialogues et contacts élargis, permettant d’inclure les représentants des différentes tendances. Si l’orateur n’ose affirmer que « le XXIème siècle sera moins conflictuel que le précédent en mission », il souligne cependant qu’il « est permis d’espérer ». (apic/com/amc)

22 octobre 2010 | 17:06
par webmaster@kath.ch
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