Corée du Sud: Des manifestants à Busan en marge de la 10e assemblée du COE

Quarante jours de jeûne et de prière contre le nucléaire

Busan, 24 octobre 2013 (Apic) Un mois avant la 10e assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Busan en Corée du Sud, des pasteurs et des pacifistes ont lancé une manifestation devant le City Hall. Ils entament 40 jours de «jeûne et prière» contre les dangers du nucléaire et demandent la fermeture de la plus ancienne centrale de Corée du Sud, située à 20 km du lieu de rassemblement du COE.

L’assemblée du Conseil œcuménique des Eglises, qui se réunit tous les sept ans, se déroulera cette année à Busan du 30 octobre au 8 novembre 2013, rappelle l’agence «Eglises d’Asie». Des délégués de plus de 350 dénominations chrétiennes, essentiellement protestantes, anglicanes et orthodoxes-, éliront les responsables du Conseil, l’organe directeur du COE, et définiront les orientation futures de l’organisation pour les sept années à venir.

C’est le thème de l’assemblée de cette année («Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix») qui, semble-t-il, a inspiré la manifestation pacifiste qui se tient depuis le 30 septembre dernier, en amont du congrès.

La crainte permanente d’un accident nucléaire

Selon un rapport officiel de la Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires (NSSC) paru début octobre, la centrale nucléaire de Kori, construite il y a 35 ans, est celle qui, pour l’ensemble du pays, a subi le plus d’arrêts du réacteur, soit 286 fois. Les quelque 3,5 millions de personnes qui habitent dans un rayon de 30 km autour de la centrale vivent dans la crainte permanente d’un accident nucléaire, qui risquerait d’être de l’ampleur de Fukushima au Japon ou de Tchernobyl en Ukraine, soutiennent les manifestants.

La Corée du Sud est le pays possédant la plus forte densité au monde de centrales nucléaires. Elle représente la sixième puissance nucléaire civile mondiale avec 21 centrales en activité, qui fournissent 35% de l’électricité du pays. Le gouvernement actuel planifie de développer davantage le parc des centrales afin d’obtenir que près de 50% de l’électricité soit fournie par le nucléaire d’ici 2024. Un programme régulièrement dénoncé par les nombreuses organisations pacifistes que compte la Corée du Sud mais surtout les chrétiens, très investis dans la lutte contre le nucléaire.

Les protestants sud-coréens qui participent à l’action «jeûne et prière» veulent rappeler que l’assemblée du COE va se tenir dans le lieu le plus dangereux du monde en matière de sécurité nucléaire, qu’il s’agisse de la proximité de centrales vétustes comme celle de Kori ou de la menace venant de quatre pays voisins détenant l’arme nucléaire: les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la Corée du Nord. (apic/eda/bb)

25 octobre 2013 | 21:23
par webmaster@kath.ch
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