Afrique: Faim dans le monde : petite amélioration

Quatre pays ont atteint le 1er point des Objectifs du millénaire pour le développement

Dakar, 21 septembre 2010 (Apic) Quatre pays d’Afrique subsaharienne, le Congo, le Ghana, le Mali et le Nigeria avaient déjà atteint le 1er point des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) relatif à la réduction de moitié du nombre de personnes en situation de faim, a déclaré à la mi septembre le Directeur général de la FAO, Jaques Diouf.

L’Ethiopie et d’autres pays n’en sont pas loin, alors qu’en République démocratique du Congo (RDC), le pourcentage d’affamés grimpait à 69%, a déploré Jacques Diouf, dans une étude conjointe FAO/PAM (Programme alimentaire mondial), selon laquelle, le nombre d’affamés diminue dans le monde, mais reste «absolument inadmissible». Il est passé de 1,023 milliard en 2009 à 925 millions en 2010.

L’enquête FAO/PAM intitulée «L’Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde» paraîtra sous l’égide des deux organisations de l’ONU en octobre. Ces premières données ont été publiées sur le site de l’ONU, à l’occasion du Sommet de New -York sur les OMD qui se déroule du 20 au 22 septembre. Il a pour objectif de trouver les moyens d’accélérer les progrès vers la réalisation des OMD, le premier étant d’éliminer l’extrême pauvreté et la faim.

Un enfant meurt toutes les 6 secondes

Avec les baisses du nombre d’affamés dans le monde, «on constate des réussites en Afrique, en Asie et en Amérique latine, réussites qui doivent être reproduites à grande échelle», a souligné Diouf, tout en notant qu’un enfant meurt toutes les 6 secondes de complications liées à la malnutrition, et que «la faim demeure la plus grande tragédie au monde et un scandale».

Pour le directeur général de la FAO, les niveaux élevés de faim dans le monde, montrent qu’il est extrêmement difficile d’atteindre non seulement le premier des OMD, mais également tous les autres.

«La réalisation des objectifs de réduction de la faim convenus par la communauté internationale est gravement menacée», a-t-il ajouté, faisant remarquer que les récentes hausses des prix des denrées alimentaires, si elles persistent, pourraient entraver les efforts de réduction de la faim.

Mesures efficaces, mais vigilance à maintenir

«Des mesures vigoureuses prises d’urgence par les gouvernements et le monde entier se sont avérées efficaces pour stopper l’escalade des chiffres de la faim», a indiqué pour sa part, la Directrice exécutive du PAM, Josette Sheeran, dans le même document. «Mais ce n’est pas le moment de baisser la garde. Nous devons maintenir l’élan pour garantir la stabilité et protéger la vie et la dignité de l’homme», a-t-elle ajouté.

La baisse du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde en 2010 s’explique en grande partie par la reprise économique attendue cette année – en particulier dans les pays en développement – et par le recul des prix alimentaires depuis mi-2008, estime la FAO.

En mai dernier, Jacques Diouf a lancé la campagne «1milliard d’affamés» (1billionhungry) visant à inciter les dirigeants mondiaux à prendre d’urgence des mesures énergiques pour éliminer la faim. Plus d’un demi million de personnes ont déjà signé la pétition en ligne exhortant les responsables politiques à mettre la réduction de la faim au premier plan de leurs priorités. Un million de personnes devrait l’avoir signée d’ici à la fin de l’année.

La faim: un problème structurel

Sur les huit Objectifs du Millénaire pour le développement définis par l’ONU en 2000, l’OMD numéro 1 s’engage à réduire de moitié le pourcentage d’affamés, le faisant passer de 20 à 10% d’ici à 2015. Mais à cinq ans de la date butoir, ce pourcentage est toujours de 16%.

En 1996, un Sommet mondial de l’alimentation avait fixé pour la première fois l’objectif quantitatif de faire passer le nombre d’affamés de 800 millions en 1990-92 à 400 millions en 2015. Pour atteindre ce but, il faudrait faire baisser ce nombre de plus de 500 millions au cours des cinq prochaines années.

Le fait que le nombre de personnes sous-alimentées continue à augmenter même en période de forte croissance et de prix relativement bas indique que la faim est un problème structurel, souligne la FAO. Il est par conséquent manifeste que la croissance économique, bien qu’essentielle, ne suffira pas à éliminer la faim dans des délais acceptables, ajoute la FAO.

A l’échelle mondiale, en 2010 le problème de faim diminué de 9,6% par rapport à 2009. Cette réduction est essentiellement due à une amélioration de la situation en Asie qui affiche une baisse des personnes sous-alimentées de 80 millions cette année. En Afrique subsaharienne, la baisse est nettement moins importante – quelque 12 millions – et une personne sur trois continuerait à souffrir de la faim. (apic/ibc/js)

21 septembre 2010 | 10:45
par webmaster@kath.ch
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