«Quelle politique à l’égard de l’exploitation souhaitez-vous?»

Suisse: L’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) lance une consultation

Fribourg, 22 août 2010 (Apic) L’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) lance une consultation sur l’exploitation humaine dans le monde. Même si cette «forme abominable d’expression» est aujourd’hui abolie en Suisse, l’organisme constate qu’elle est encore présente dans de nombreux pays.

Le 23 août est la journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage. Durant l’époque coloniale, 50 millions d’Africains et d’Africaines ont été déportés et exploités, peut-on lire dans le communiqué de l’OSEO. Cette forme abominable d’oppression, aujourd’hui abolie en Suisse et dans bien d’autres pays, existe cependant toujours dans certaines parties du monde.

Pour les responsables de l’organisme, les chiffres relatifs à l’esclavage font froid dans le dos:

– D’après l’ONU, 12 millions d’êtres humains sont maintenus dans l’esclavage.

– 218 millions d’enfants sont forcés de travailler.

– 1,2 milliard de personnes travaillent pour un salaire inférieur à deux dollars par jour (seuil de pauvreté défini par l’ONU). Cela représente près de 20 pour-cent de la population mondiale.

Responsabilité attribuée aux Etats riches

Les Etats riches sont en partie responsables de cette réalité. Beaucoup d’hommes et de femmes sont brutalement exploités afin que des produits bon marché puissent être exportés vers le Nord. «Lors de leurs achats, la plupart des communes suisses se soucient uniquement du prix. Ce faisant, elles tolèrent un risque d’exploitation, d’esclavage et de travail des enfants – uniquement pour économiser quelques francs», explique Ruth Daellenbach, directrice de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière OSEO.

Des communes suisses engagées contre cette exploitation

Une centaine de communes – d’Onex à La Chaux-de-Fonds, en passant par Lausanne – montrent cependant qu’une autre voie est possible. Elles se sont engagées à mener une politique d’achats équitables. «Il reste cependant 2500 communes qui tolèrent un risque d’exploitation», déplore Mme Daellenbach.

L’OSEO lance par conséquent une nouvelle campagne. A l’occasion de la journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage, l’OSEO a créé un site inédit: www.consultations-populaires.ch. Il permet à chaque citoyen, en 2 clics, de savoir si sa commune achète équitable. A supposer que cela ne soit pas encore le cas, il sera invité à adresser un courriel de protestation à sa commune. «Notre campagne, explique Ruth Daellenbach, interpelle directement la population: acceptez-vous que votre commune tolère l’exploitation? Et nous donnons à chacun la possibilité de s’engager, dans sa commune, pour une politique d’achats équitables.»

«Le design de la campagne est inspiré d’un récent produit publicitaire d’un parti politique suisse. Contrairement à ce dernier, l’OSEO veut que la Suisse s’engage en faveur de valeurs positives: la croix suisse doit être synonyme de solidarité, d’engagement humanitaire et d’ouverture sur le monde – et non d’exclusion et de discrimination», affirment les responsables de l’OSEO. Contacts: www.consultations-populaires.ch et www.oseo.ch/consultations. (apic/com/js)

22 août 2010 | 14:33
par webmaster@kath.ch
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