Vatican : Le Saint-Siège condamne une nouvelle fois la persécution des chrétiens

›’Quelque 100’000 chrétiens sont tués violemment chaque année à cause de leur foi»

Rome, 28 mai 2013 (Apic) ›’L’intolérance envers les chrétiens doit être combattue au même titre que l’antisémitisme ou l’islamophobie’’. C’est ce qu’a demandé Mgr Mario Toso, secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, dans le cadre de l’assemblée plénière de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui s’est tenue à Tirana, en Albanie, le 21 mai 2013. Quelques jours plus tard, Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège près les Nations unies et les autres organisations internationales à Genève, a quant à lui déploré que quelque 100’000 chrétiens soient «tués violemment chaque année à cause de leur foi».

Mgr Toso, dont l’intervention a été publiée une semaine plus tard au Vatican, a pris la parole au cours d’une conférence consacrée à la tolérance et à la non discrimination. Il a regretté que les épisodes d’intolérance et de discrimination envers des chrétiens aient augmenté malgré les rencontres et les conférences organisées par l’OSCE. «La discrimination des chrétiens doit être considérée comme une grave menace pour la société toute entière, a-t-il ajouté, et être combattue au même titre que l’antisémitisme ou l’islamophobie».

Selon le secrétaire de dicastère, les pays membres de l’OSCE devraient faire leur possible pour permettre aux chrétiens de «parler librement de ce que les autorités tiennent pour illicite et agir partout selon leur conscience, au travail notamment».

Rappelant le 1700e anniversaire de l’Edit de Milan, qui instaura la liberté religieuse en Europe, Mgr Toso a ainsi dénoncé d’un ton particulièrement déterminé la ligne tracée entre croyance religieuse et pratique religieuse dans le vieux continent.

«On rappelle souvent aux chrétiens, a poursuivi le prélat, dans le débat public – et de plus en plus souvent aussi dans les tribunaux – qu’ils peuvent croire tout ce qu’ils veulent dans leurs maisons et dans leurs têtes (…) mais qu’ils ne peuvent pas agir en public selon leurs croyances». Et d’ajouter : «Il s’agit d’une distorsion délibérée et d’une limitation au vrai sens de la liberté religieuse, qui ne correspond pas à la liberté prévue par les documents internationaux, y compris ceux de l’OSCE’’.

100 000 chrétiens tués pour leur foi

Quelques jours plus tard, montant lui aussi au créneau pour défendre les chrétiens dans le monde, Mgr Silvano Tomasi a avancé le chiffre de quelque 100 000 chrétiens tués chaque année à cause de leur foi, au cours de la 23e session du dialogue interactif entre le Conseil des droits de l’Homme et le Haut-commissaire.

Les chrétiens, a dénoncé Mgr Tomasi, sont contraints de tout quitter, de supporter la destruction de leurs lieux de prière, selon ce qu’a rapporté le 28 mai Radio Vatican. Le diplomate a notamment évoqué le cas des deux évêques orthodoxes enlevés en Syrie.

Si le Proche-Orient, l’Afrique et l’Asie sont les régions où ont eu lieu le plus de violations contre la liberté religieuse, l’Europe, où la présence chrétienne «fait partie intégrante de la société» n’est pas épargnée, a-t-il poursuivi. «Une tendance émerge qui tend à marginaliser le christianisme dans la vie publique, à en ignorer l’apport historique et social et même à restreindre les capacités des communautés de foi à mener leurs œuvres sociales», a encore affirmé Mgr Tomasi. (apic/imedia/mm/cw)

28 mai 2013 | 16:33
par webmaster@kath.ch
Partagez!