Romandie: Année européenne du bénévolat, dans la presse catholique aussi

Qui sont ces bénévoles au service de l’information?

St-Maurice, 16 mai 2011 (Apic) Le travail médiatique, une affaire de professionnels? Oui, sans doute, et même de plus en plus. La communication, à l’ère d’internet, ne peut se traiter en amateur. Mais le travail bénévole n’est pas forcément synonyme «d’amateurisme». Des rédacteurs paroissiaux ou collaborateurs du bulletin «Paroisses Vivantes» accomplissent un engagement parfois très poussé, et d’excellente qualité, au service de la presse catholique.

A l’occasion de l’Année européenne du bénévolat et en prévision du Dimanche des médias, fixé cette année au 5 juin, l’Apic a recueilli le témoignage de quatre bénévoles exerçant des responsabilités dans les bulletins paroissiaux de Suisse Romande.

Laurent Passer, administrateur et communicateur

Conseiller juridique à la Direction de l´instruction publique, de la culture et du sport du canton de Fribourg depuis près de 20 ans, Laurent Passer est un bénévole «hyperactif» dans l’Eglise catholique. A côté de ses fonctions de président du conseil paroissial au Christ-Roi, de modérateur du conseil de gestion de l’Unité pastorale de Notre-Dame à Fribourg, de président de l’Assemblée de la Corporation ecclésiastique cantonale, de président de l’Association romande pour la béatification de Jean Paul II et de président de la section romande de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, il est encore collaborateur externe de la rédaction romande de Paroisses Vivantes et, de ce fait, membre de cette même rédaction.

Il ne s’agit toutefois pas de son premier engagement dans les médias. Autrefois, il a été vice-président du conseil d’administration de la Radio – Télévision Suisse romande, ainsi que membre du comité du CCRT (Centre Catholique de Radio et Télévision) durant plus de 10 ans.

En tant que collaborateur de Paroisses Vivantes, il est le rédacteur d’une «petite chronique» intitulée «Vacances romaines» sur l’actualité au Vatican. Il rédige également des dossiers à certaines occasions, et a contribué aux hors-série sur le décès de Mgr Genoud et sur la béatification de Jean Paul II. Il traite également des thèmes qu’il connaît particulièrement dans les pages romandes.

Le savoir-faire ne suffit pas. Il faut aussi faire savoir!

S’il est entré dans le monde des médias «un peu par hasard», Laurent Passer a toujours apprécié la communication, y compris dans ses activités au service des mouvements politiques et sociaux. «Le savoir-faire ne suffit pas. Il faut aussi faire savoir!», lance-t-il. Par ailleurs, il bénéficie d’une certaine facilité dans la rédaction des textes et il a toujours été proche de la planète médias en Suisse romande. Son frère jumeau Christophe est d’ailleurs un journaliste très connu en Suisse romande.

Ces engagements lui permettent «de faire autre chose que de la gestion et de l’administration», qui est le lot quotidien de ses activités paroissiales. Il peut ainsi participer à la transmission de la Bonne Nouvelle. Et même si les nouvelles ne sont pas toujours bonnes dans l’Eglise, il convient de communiquer «de la façon la plus positive possible», ou du moins en évitant tout sensationnalisme. D’où l’importance d’une communication «encore plus professionnelle», y compris dans le bénévolat.

«L’Eglise a raison d’utiliser tous les moyens techniques à disposition pour assurer sa communication. Sa présence sur la toile est vitale», affirme-t-il en soulignant qu’il apprécie la nouvelle formule de cath.ch.

Quand Laurent Passer découvre la richesse des nouvelles qui émanent de l’Eglise, il regrette qu’elles ne paraissent pas davantage dans la presse profane, et même parfois dans la presse religieuse. Il déplore une grande déperdition de l’information catholique produite quotidiennement par les agences.

La presse profane s’empare des événements religieux comme les élections de papes ou les nominations d’évêques, ou alors de certaines affaires. Mais elle délaisse tout ce qui concerne la vie de l’Eglise. Or, selon lui, «la voix et l’engagement de l’Eglise méritent beaucoup mieux que cela».

Les quelques jours de vacances du retraité André Ryser

«J’ai profité de quelques jours de vacances pour partir». Atteint enfin par téléphone, le retraité André Ryser s’excuse presque de ne pas avoir pu rappeler plus tôt. Mais de quelles vacances parle-t-il? «Des quelques jours de répit que me laisse chaque mois l’édition de Paroisses Vivantes». Document de planification à l’appui, force est de constater que son activité de coordinateur de Paroisses Vivantes» dans son Unité pastorale (UP) de Notre-Dame de la Brillaz, dans le canton de Fribourg, lui laisse effectivement peu de répit.

Il convient cependant de relever que cette importante somme d’engagement est également due à la personnalité d’André Ryser. Il est visiblement très perfectionniste et passe beaucoup de temps à rechercher l’image qui correspond le mieux à sa propre conception de la communication ou à corriger toutes les imperfections qu’il a perçues dans les pages de son Unité pastorale, qui regroupe 8 paroisses. Cet ancien enseignant, qui réside à Corserey, est également polyvalent. A ses qualités rédactionnelles s’ajoutent entre autres un bon sens de l’organisation, une réelle passion pour la photo (il a constitué un important répertoire lors de ses voyages et promenades) et une parfaite maîtrise des outils informatiques, qui sont largement mises à contribution dans les paroisses de sa région. «Le journal est pratiquement prêt quand vous nous le faites parvenir», lui affirme régulièrement Claude Jenny, responsable des bulletins paroissiaux à St-Maurice. Cette affirmation se constate de visu: seules de petites différences apparaissent entre l’épreuve envoyée par André Ryser et le résultat définitif. A part quelques éléments graphiques améliorés et des photos déplacées en fonction de leur dynamique, les deux épreuves sont pareilles.

Sa volonté de bien faire se heurte également à un problème de délais. Par exemple, tous les textes du bulletin à paraître le 1er mai doivent être prêts fin mars. Avec les travaux préalables au niveau de l’UP (rédiger les contributions, les recevoir, les corriger et mettre en page), cela fait un délai total de pratiquement deux mois. Cela laisse trop peu de répits aux coordinateurs des bulletins paroissiaux et ne permet pas d’intégrer certains éléments d’actualité.

Peu de critiques, malheureusement

Le comité de gestion du bulletin de l’UP a été lancé en 2007. Il compte un représentant par paroisse. Il a pour rôle de coordonner les contributions et définir une certaine unité. Puis le coordinateur reçoit les articles, les adapte, les réécrit parfois. Les échos qui parviennent à André Ryser au sujet du bulletin sont plutôt bons. Mais ce n’est pas ce qu’il attend. Il serait heureux de recevoir des critiques constructives et des propositions afin d’améliorer le produit et afin qu’il corresponde toujours davantage à ce qu’en attendent les paroissiens de l’UP. Mais il n’en reçoit jamais.

Le Paroisses Vivantes de l’UP est distribué en tous-ménages, à 6’000 exemplaires. Un appel à verser volontairement une contribution est lancé une fois par an, parfois dans l’unité pastorale en entier, parfois dans chacune des paroisses. Cette deuxième formule a rencontré plus de succès, car les gens sont davantage sensibles à la solidarité lorsqu’elle est lancée depuis leur propre paroisse.

L’engagement d’André Ryser dans les médias paroissiaux a-t-il transformé son approche des médias en général? Oui, un peu. Il est devenu beaucoup plus attentif à certains aspects, comme la cohérence des photos avec le contenu de l’article. Il estime en tant que littéraire qu’il a encore beaucoup à apprendre dans le style journalistique. Il est aussi très attentif à une certaine déontologie journalistique. On ne peut pas utiliser les propos de quelqu’un à l’encontre de sa pensée, ou illustrer un article avec une image prise dans un contexte totalement différent, ce qui est arrivé une fois au sujet de sa fille. Elle avait été prise en photo par un quotidien lorsqu’elle chargeait de la paille sur un char lors d’une fête villageoise, et l’image avait ensuite servi à illustrer un article la grogne paysanne en France …

André Ryser lit-il le journal différemment? Oui, c’est certain. Il est devenu très critique, très analytique, et ne prend pas tout ce qui est publié pour argent comptant.

Des photos illustrant ce dossier peuvent être commandées à apic@kipa-apic.ch

Note: Les témoignages de Pierre Vianin, de Sierre, et de Geneviève de Simone-Cornet, de Nyon, paraîtront dans le service Apic du 17 mai, accompagnés d’un hommage aux bénévoles rendu par Mgr Farine et par le prévôt Ducarroz. (apic/bb)

17 mai 2011 | 11:58
par webmaster@kath.ch
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