140 pays montrés du doigt, dont la Suisse
Rapport annuel 2001 d’Amnesty International
Londres/Lausanne, 30 mai 2001(APIC) Amnesty International a eu 40 ans le 28 mai 2001. Mais le rapport annuel d’Amnesty International qui paraît aujourd’hui continue à recenser des violations des droits humains dans le monde entier, y compris en Suisse, où de nouvelles allégations font état de mauvais traitements infligés à des suspects par des policiers, ainsi qu’à des ressortissants étrangers au cours de leur expulsion forcée.
Le rapport annuel d’Amnesty International, qui paraît durant la semaine du quarantième anniversaire de l’organisation, recense les atteintes aux droits humains commises dans 140 pays et territoires, parmi lesquels la Suisse, qui est à nouveau épinglée par l’organisation en raison des brutalités policières perpétrées à l’encontre de détenus, et souvent accompagnées d’injures racistes dans le cas des personnes d’origine non européenne. Dans la partie que consacre à la Suisse le rapport annuel 2001 d’Amnesty International, on peut également lire que selon certaines allégations, «des policiers auraient brutalisé, menacé de mort et insulté par des propos racistes des ressortissants étrangers qui résistaient à leur expulsion forcée aux aéroports de Zurich-Kloten».
Dans son rapport annuel, Amnesty International a recensé des exécutions extrajudiciaires dans 61 pays, des exécutions judiciaires dans 28 pays, des prisonniers d’opinion dans au moins 63 pays, des cas de torture et d’autres mauvais traitements dans 125 pays ainsi que des «disparitions» dans 30 pays. L’organisation estime néanmoins que tous ces chiffres sont bien en deçà de la réalité. Et Amnesty déplore le fait que les gouvernements discourent volontiers sur les droits humains, mais sont peu nombreux à respecter leurs engagements.
Ce rapport annuel, qui coïncide avec le quarantième anniversaire d’Amnesty International, donne l’image d’un monde dans lequel les auteurs d’atteintes aux droits humains ne sont pas uniquement des responsables gouvernementaux ou des représentants de l’Etat: il s’agit souvent de proches de la victime, de personnes appartenant à la même communauté, ou encore d’employeurs.
L’insécurité économique
Des atteintes aux droits humains sont également commises quotidiennement par des groupes d’opposition armés et des groupes paramilitaires, dans un monde de plus en plus déstabilisé par le pouvoir grandissant dont disposent les institutions économiques mondiales et par la volatilité et l’instabilité économiques qui en découlent.
De nombreux Etats prétendent avoir été contraints à adopter des politiques économiques qui remettent en cause les droits sociaux, économiques et culturels. Or, aux yeux d’Amnesty International, cette affirmation est totalement fausse. Les gouvernements ont le pouvoir de défendre leurs citoyens contre l’action arbitraire des sociétés multinationales ou les pressions des institutions financières intergouvernementales.
L’insécurité économique a provoqué des conflits internes que les Etats-nations n’ont pu résoudre ou empêcher. Mais elle n’autorise pas pour autant les gouvernements à échapper à leurs responsabilités.
Ces nouveaux défis en matière de droits humains, qui sont liés à la mondialisation, ont incité Amnesty International à élargir son action en promouvant les droits humains auprès des milieux économiques, en mettant les sociétés multinationales face à leurs responsabilités et en appelant les entreprises à s’engager en faveur de la défense des droits humains, en particulier celles qui sont présentes dans les pays où les violations des droits humains sont une pratique très fréquente.
Diamants et pétrole
L’an dernier, Amnesty International a exercé des pressions sur les organismes qui fabriquent ou vendent des diamants à l’échelle internationale, afin qu’ils prennent des mesures efficaces pour élaborer un système inviolable visant à empêcher que les diamants provenant de la guerre en Sierra Leone n’arrivent sur les marchés internationaux. Les militants d’Amnesty International ont fait campagne devant des bijouteries aux Etats-Unis et ont entamé des discussions avec le Haut Conseil du diamant, situé à Anvers, ainsi qu’avec le groupe DeBeers. Amnesty International a également exhorté publiquement les sociétés pétrolières présentes au Soudan à évoquer les préoccupations relatives aux droits humains avec les autorités de ce pays et à adopter des mesures pour protéger les droits humains dans leur sphère d’activités.
L’organisation de défense des droits humains continuera à militer pour un changement réel permettant que les droits humains soient véritablement pris en considération dans toute action de la Banque mondiale. (apic/com/pr)




