Afrique du Sud: une femme tuée par son conjoint toutes les 18h
Rapport d’Amnesty International sur les armes à feu: les femmes en danger
Johannesburg/Lausanne, 7 mars 2005 (Apic) Les femmes paient un tribut de plus en plus lourd au commerce incontrôlé des armes légères. A la veille de la Journée internationale des femmes, Amnesty International (AI) lance à Johannesburg un rapport sur l’impact des armes à feu sur la vie des femmes. En Afrique du Sud, une femme est assassinée par son conjoint toutes les 18 heures.
Selon le nouveau rapport, intitulé Armes à feu : les femmes en danger, publié conjointement à Johannesburg par Amnesty International, Oxfam et le RAIAL (Réseau d’action international sur les armes légères), les femmes subissent les répercussions directes et indirectes de la circulation de 650 millions d’armes légères à travers le monde :
Les chiffres sont là:
– en Afrique du Sud, une femme est abattue par son compagnon ou son ex- compagnon toutes les 18 heures;
– aux États-Unis, la présence d’une arme à feu à la maison augmente de 41 % le risque qu’un membre de la famille ne soit tué ; mais accroît ce risque de 272 % pour les femmes ;
– en France et en Afrique du Sud, une femme sur trois tuée par son mari est victime d’une arme à feu; aux Etats-Unis, cette proportion atteint deux sur trois.
«Les femmes sont particulièrement vulnérables à certains crimes parce qu’elles sont des femmes, par exemple à la violence au sein du foyer et au viol. Dans la mesure où ce ne sont presque jamais elles qui achètent, possèdent ni utilisent des armes légères, elles sont touchées de manière disproportionnée par la violence armée. La possession d’armes est souvent justifiée par la nécessité de protéger les femmes et leurs familles, mais la réalité est tout autre», relève Denise Searle, directrice générale de la Communication et du Travail de campagne à Amnesty International.
Et pourtant des mesures existent
Le rapport examine un large éventail de mesures de contrôle des armes adoptées par différents États dans le monde, bien souvent à l’issue de campagnes menées par des femmes contre la violence armée :
– entre 1995, date à laquelle le Canada a durci sa législation dans ce domaine, et 2003, le taux d’homicides par armes à feu touchant des femmes a chuté de 40 % ;
– pendant les cinq années qui ont suivi la réforme des lois sur le port d’armes en Australie (1996), le taux d’homicides par armes à feu a diminué de moitié en ce qui concerne les victimes féminines.
Recommandations
AI émet un certain nombre de recommandations: l’obtention d’un permis de port d’armes doit être rendue obligatoire pour toute personne désireuse d’acquérir une arme, sur la base de critères stricts interdisant de l’accorder à des personnes ayant des antécédents de violences au sein du foyer; le droit national doit proscrire la violence contre les femmes en tant qu’infraction pénale, avec des sanctions réelles pour ses auteurs et des réparations pour les victimes, ainsi que la pleine mise en oeuvre des lois ; un traité sur le commerce des armes doit être mis en place, qui interdirait les transferts en cas de risque évident d’utilisation de ces armes pour commettre des actes de violence à l’égard des femmes ou d’autres atteintes aux droits humains. Enfin, dernières recommandation prônée par AI: les particuliers ne doivent pas être autorisés à posséder des armes d’assaut conçues pour un usage militaire en dehors de circonstances très exceptionnelles compatibles avec le respect des droits humains. (apic/com/pr)




