Abus sexuels: quelle est la racine du mal et les moyens de l’affronter? | © Pixabay
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Rapport Sauvé: les évêques prennent quatre mesures immédiates

Suite au Rapport Sauvé sur les abus sexuels dans le clergé, les évêques de France ont pris, le 8 novembre 2021, quatre mesures à effet immédiat. Outre la création d’une instance nationale indépendante pour la reconnaissance et réparation, les évêques demandent l’envoi par le Vatican de visiteurs chargés d’évaluer la protection des mineurs dans les diocèses.

La Conférence des évêques de France (CEF) a pris ces décisions à une grande majorité de ses membres, lors des votes de son Assemblée plénière, qui a commencé le 2 novembre à Lourdes. Les prélats français étaient attendus sur la suite qu’ils allaient donner à la publication, le 5 octobre 2021, du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase). Le document, estimant qu’environ 216’000 personnes ont été abusées par des clercs en France, a créé une intense onde de choc dans le pays.

Indemnisation sans argent des fidèles

La première décision de la CEF porte sur la création d’une instance nationale indépendante pour la reconnaissance et la réparation – organisant une indemnisation individualisée, rapporte le journal La Croix.

La seconde mesure porte sur le financement du fonds d’indemnisation ouvert en septembre 2021. Les évêques ont certifié avoir commencé à l’abonder, mais ont précisé avoir besoin de sommes bien supérieures. Le fonds sera alimenté par la vente de biens mobiliers et immobiliers dans les diocèses, sans recourir à l’argent provenant du denier de l’Eglise. Un emprunt sera également souscrit pour permettre de financer rapidement les besoins d’indemnisation. Une charge soutenue par tous les diocèses de façon solidaire.

Les évêques ont en outre fait la demande au pape François d’envoyer des visiteurs qui viendraient faire le point dans chaque diocèse pour évaluer la manière dont est organisée la protection des mineurs.

La quatrième décision concerne la création de neuf groupes de travail, pilotés par des laïcs. Un groupe est chargé d’analyser les causes spécifiques des violences sexuelles au sein de l’Église. Un autre réfléchira à la manière de mieux accompagner les prêtres tout au long de leur vie, et un suivant se penchera sur l’accompagnement des évêques dans leur ministère.

Les victimes saluent, mais restent vigilantes

Un audit externe sur les cellules d’écoute des diocèses sera lancé, pour aboutir à une charte commune et un mode d’évaluation régulier. Un groupe de travail s’intéressera aux prêtres qui ont purgé leur condamnation pénale, pour établir les conditions dans lesquelles ils pourraient reprendre leur ministère.

Du côté ecclésial, la création du tribunal pénal canonique à compétence nationale permettra de traiter plus rapidement les dossiers.

Les mesures ont été accueillies positivement par les victimes, assure La Croix. Même si elles ont l’intention de rester vigilantes sur leur mise en œuvre. «Je passe de l’espérance à l’espoir, en voyant que les évêques posent des actes, font des choix. Enfin!», a notamment déclaré le Père Jean-Luc Souveton, victime d’un prêtre quand il avait 15 ans. (cath.ch/cx/arch/rz)

Abus sexuels: quelle est la racine du mal et les moyens de l’affronter? | © Pixabay
9 novembre 2021 | 15:29
par Raphaël Zbinden
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