Rome: Devant Benoît XVI, le prédicateur de la Maison pontificale dénonce la violence conjugale

Rapprochement entre les «attaques» actuelles contre l’Eglise et l’antisémitisme

Rome, 2 avril 2010 (Apic) Jugeant que l’on parlait «suffisamment ailleurs» des actes pédophiles de certains prêtres, le prédicateur de la Maison pontificale a dénoncé la violence à l’égard des femmes, lors de la célébration de la Passion, au Vatican, le 2 avril 2010 en fin d’après-midi. Le Père Raniero Cantalamessa, comme à l’accoutumée, a prononcé devant Benoît XVI l’homélie de cet office du Vendredi saint dans la basilique Saint-Pierre. Il y a cité également une lettre d’un ami juif effectuant un rapprochement entre les «attaques» actuelles contre l’Eglise et l’antisémitisme.

Devant Benoît XVI et de nombreux cardinaux, le Père capucin a prononcé une longue homélie sur «la nature du sacrifice et du sacerdoce du Christ», consacrant une large part de son intervention à la violence. Le Père Cantalamessa a commencé par relever que la culture moderne, qui condamne la violence, était également celle qui «la favorise et l’exalte».

La culture moderne «favorise et exalte» la violence

A titre d’exemple, il a regretté que l’on puisse préparer le terrain à cette violence dans les pages publicitaires ou les grilles de programmes de la télévision. «Il est inquiétant, a-t-il encore noté, de voir que la violence et le sang sont devenus parmi les ingrédients les plus attractifs dans les films et les jeux vidéo, que l’on est attiré par cette violence et que l’on prend plaisir à la regarder».

La violence conjugale

Le prédicateur de la Maison pontificale s’est montré ensuite plus précis, affirmant ne pas vouloir parler «de la violence sur des enfants dont se sont rendus coupables, malheureusement, même des membres du clergé» et dont «on parle suffisamment ailleurs». Le Père Cantalamessa a alors commencé une longue dénonciation de «la violence sur les femmes», estimant «qu’une moitié de l’humanité», les hommes, devait demander pardon à l’autre.

La violence envers les femmes, a-t-il expliqué, est d’autant plus grave qu’elle s’exerce à l’abri des enceintes domestiques, à l’insu de tous, «quand elle n’est pas carrément justifiée par des préjugés pseudo religieux et culturels». «Cette violence est principalement sexuelle», a affirmé le religieux capucin, expliquant que l’homme, ainsi, «croit prouver sa virilité en s’acharnant contre la femme».

«La violence contre la femme, a encore soutenu le Père Cantalamessa, n’est jamais aussi odieuse que lorsqu’elle s’installe là où devraient régner le respect réciproque et l’amour : dans la relation entre mari et femme».

Le soutien des juifs

Le prédicateur de la Maison pontificale, par ailleurs, a évoqué la «rare coïncidence» qui fait qu’en 2010 les fêtes chrétiennes de Pâques tombent la même semaine que la Pâque juive. Il en a profité pour avoir une pensée pour ses «frères juifs», affirmant qu’ils «savent par expérience ce que signifie être victimes de la violence collective et, pour cela aussi, ils sont disposés à en reconnaître les symptômes récurrents».

Le Père Cantalamessa a alors souhaité citer devant le pape un passage d’une lettre qu’il venait de recevoir d’un «ami juif» évoquant en filigrane les révélations récemment apparues dans la presse sur les affaires de pédophilie au sein du clergé. Cet ami, a rapporté le religieux, y affirme qu’il suit «avec dégoût les attaques violentes et concentriques contre l’Eglise, le pape et tous les fidèles». «L’utilisation des stéréotypes, le passage de la responsabilité et de la faute personnelle à celle collective me rappellent les aspects les plus honteux de l’antisémitisme», écrit encore le correspondant juif du Père Cantalamessa. Au cours de cette célébration, en présence de nombreux cardinaux et évêques, Benoît XVI devait ensuite présider le rite de vénération de la croix. Dans la soirée, il devait ensuite se rendre au Colisée, au cœur de Rome, pour présider le Chemin de croix. (apic/imedia/ami/lb/be)

2 avril 2010 | 18:31
par webmaster@kath.ch
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