Des migrants qui sèment la terreur et la désolation

RDC: Caritas recommande l’expulsion des Mbororo du territoire national

Kinshasa, 4 mai 2008 (Apic) Caritas Bondo demande au gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) d’expulser les Mbororo du territoire national. Cette recommandation est contenue dans le récent rapport de mission effectuée dans le territoire d’Ango par l’organisation caritative catholique.

Ces groupes migrants venus du Tchad, de la République Centrafricaine et du Soudan ne cessent de gagner du terrain, dénonce Caritas Bondo, dans une déclaration reprise par l’agence catholique Dia, basée à Kinshasa. Son directeur Georges Aluma évoque le danger d’assister à une situation de belligérance incontrôlable comme dans le Kivu. Il regrette que, fortement armés, les Mbororos sèment la terreur parmi la population locale qu’ils dépassent en nombre. «Ils ont tué une dizaine de Congolais dans le territoire de Buye», dénonce-t-il. «En conséquence, la population d’Ango n’habite plus le long de la grande route mais se réfugie dans les chefs-lieux des paroisses où l’on retrouve des agglomérations», a-t-il indiqué.

Les espaces cultivables occupés par les Mbororo empêchent l’activité agricole. Des troupeaux de passage dévastent les champs. «Les villageois n’ont aucun mot à dire», a dénoncé à l’agence Dia le directeur de Caritas Bondo. Et d’ajouter: «Dans les localités isolées, les Mbororo obligent la population à leur vendre la récolte emmagasinée qu’ils achètent au prix de leur gré. Pour obliger la population locale à dépendre de la viande de leurs vaches, ils éliminent systématiquement tous les gibiers et ne tolèrent pas l’activité des chasseurs dans la savane».

Les Mbororo appartiennent au groupe des Fulbes, l’une des plus importantes ethnies d’Afrique occidentale. Ils vivent dans au moins 18 Etats africains dont le Nigeria, le Niger, la Guinée, le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et le Cameroun. Quelque 4’000 d’entre eux se sont installés au Nord de la RDC depuis quatre ans. (apic/dia/bb)

4 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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