Comprendre les élections lorsqu’on est analphabète
RDC Congo: Une formation pour les femmes congolaises en vue des élections
Kinshasa, 9 mars 2006 (Apic) Au Congo, 70 % des femmes sont analphabètes. Il’s agit de leur donner les moyens de participer à la vie publique en votant ou en présentant leur candidature. 40 mères de famille suivront une formation d’une semaine dans ce but, à Kinshasa.
L’analphabétisme des femmes, accentué par le poids de la coutume vis-à-vis des femmes est un handicap majeur au quotidien des Congolaises et pour exercer leur droits de citoyennes.
Lucie Dangi, une formatrice congolaise qui a aussi accompagné les femmes pendant le référendum de décembre sur la nouvelle Constitution, a révélé à l’agence Misna que certaines électrices ne savent ni lire ni écrire. Ce handicap se traduit dans tous les domaines sociaux et politiques. Selon Lucie Dangi, également vice-présidente de la commission diocésaine d’Isiro, les Congolaises espèrent sortir de leur isolement, et prendre conscience de leur place au sein de la société.
C’est pourquoi, une formation d’une semaine qui leur est destinée, portera sur trois grands axes:» la dignité de la femme, son engagement pour le changement social et son engagement dans le pardon, la paix et la réconciliation.» Les points clés de la formation seront dispensée à Kinshasa du 13 au 18 mars,et publiés dans des brochures traduites en quatre langues nationales: lingala, swahili, kikongo et tshiluba.
Selon Lucie Dangi, il est fondamental de donner aux femmes les moyens de ’’participer à la chose publique en votant ou en présentant leur candidature, et la formation en est l’un des moyens,’’ dit cette mère de famille, à Kinshasa, lors de la journée internationale des Femmes, le 8 mars. Elle fait appel aux Congolaises pour saisir l’occasion des élections de juin 2006, afin d’exprimer leurs préférences en votant pour les femmes candidates.
La nouvelle Constitution congolaise stipule l’égalité entre les sexes. Mais, la formatrice déplore l’absence d’égalité dans la vie des femmes car la majorité d’entre elles n’ont pas d’accès à une formation supérieure.
Après l’école primaire, d’après Lucie Dangi, beaucoup de filles sont contraintes de rejoindre leurs mères dans des travaux domestiques et des champs, et parfois labourent dur pour payer les études aux garçons de leurs familles.
En outre, peu de femmes bien formées accèdent aux postes à responsabilités, explique encore Lucie Dangi, qui aide aussi dans son diocèse d’Isiro, les jeunes filles-mères, victimes de violences sexuelles pendant les cinq ans de la guerre civile congolaise, au sein du Centre Aigle Rouge, où elles apprennent à écrire, à faire des travaux domestiques, à coudre et à cultiver la terre.(apic/misna/thk)



