Noël plein de peur, témoigne l’évêque de Butembo-Beni

RDC: La population fuit la zone de Beni, devant l’avancée des hommes de Bemba

Butembo, 24 décembre 2002 (APIC) La population de la zone nord de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) se prépare à vivre un Noël plein de peur, témoigne Mgr Melchisedec Paluku Sikuli, évêque de Butembo-Beni.

Les gens fuient massivement dette région, cherchant un abri vers le sud dans la crainte de nouveaux combats. Les troupes du Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba pourraient arriver à Beni dès mardi, indique l’évêque dans un entretien accordé à l’Agence missionnaire Misna.

Selon des sources locales, au moins 60’000 personnes se déversent en masse vers les zones méridionales de l’Ituri. Un flux constant poussé par l’implacable et violente avancée des forces de Bemba, appuyées par les hommes de Roger Lumbala qui guide les miliciens du RCD-National et par les rangs de Thomas Lubanga, un des «seigneurs de la guerre» à la tête de l’Union des Patriotes Congolais (UPC).

Selon Mgr Melchisedec Paluku Sikuli, Bemba et ses alliés ont l’intention de chasser de l’Ituri les hommes du RCD-ML de Mbusa Nyamwisi. «Si ces messieurs parviennent à prendre Beni, ils marcheront certainement vers Butembo. Leur intention est celle de contrôler toute la zone nord orientale de l’ex Zaïre, un territoire riche en or, diamants, coltan et bois», explique Mgr Sikuli.

Malgré les accords

Les combats dans l’est du pays se poursuivent malgré les accords signés la semaine dernière à Pretoria (Afrique du Sud) entre les groupes rebelles et le gouvernement de Kinshasa. «Il y a un grand intérêt de la part de nombreux protagonistes de la crise congolaise», poursuit l’évêque, «au niveau national comme international, pour que cette situation de confusion extrême et continue se maintienne. «Une situation dans laquelle nombre de personnes se sont enrichies et continuent à le faire. Le fait est que ce sont les civils innocents qui en payent le prix alors qu’ils n’ont rien à voir avec le partage du pouvoir et de l’argent».

«Nous espérons ne pas devoir assister en cette veille de Noël à l’énième triste spectacle. Pour le moment nous avons déjà été contraints de prendre quelques précautions: la messe de minuit sera par exemple célébrée à 16 heures», témoigne encore Mgr Sikuli.

«Avec la tombée de la nuit la situation est plus dangereuse encore et il serait bien qu’à 18 heures 30 chacun soit déjà chez soi, barricadés en priant pour réussir à survivre encore à cette énième épreuve et en réussissant à fêter Noël malgré la peur». (apic/misna/pr)

26 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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