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RDC: les Eglises se mobilisent pour la forêt tropicale

Les dirigeants des Eglises chrétiennes en République démocratique du Congo (RDC) ont mis en place, du 3 au 5 décembre 2019, une «Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales» (IRI-RDC). Ils ont plaidé en faveur de la protection de la forêt tropicale.

Ils étaient en atelier de formation et d’échanges d’expériences sur les problèmes liés à la déforestation tropicale, tenu au Centre diocésain de l’Eglise catholique à Kinshasa, la capitale. Cette rencontre était organisée à l’initiative conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), une faîtière qui rassemble 95 dénominations protestantes et évangéliques.

La nouvelle organisation écologique confessionnelle congolaise va travailler en synergie avec le Programme des Nations- Unies pour l’environnement (PNUE), et IRI international, une alliance mondiale et multiconfessionnelle qui vise à sensibiliser à l’urgence morale et aux valeurs religieuses nécessaires dans la lutte contre la déforestation tropicale.

Sensibiliser à la déforestation

Selon l’Agence congolaise de presse, l’IRI-Congo a plusieurs missions. Il s’agit entre autres, de sensibiliser le public à la crise de la déforestation tropicale, d’aider les chefs religieux à acquérir des connaissances scientifiques, des informations et des outils nécessaires pour défendre efficacement la protection de la forêt tropicale. De mettre aussi les confessionnelle religieuses avec des partenaires de tous les secteurs, afin de multiplier leur impact collectif.

L’l’IRI-Congo devra également influencer la politique de l’Etat en matière de protection des forêts, en plaidant en faveur de politiques environnementaes et en encourageant les gouvernements et les entreprises à adopter, respecter et développer leurs engagements à protéger les forêts tropicales et les droits des peuples autochtones.

481’000 hectares de forêt perdus

La RDC fait partie des trois pays, avec le Brésil et l’Indonésie, qui concentrent presque 60% des forêts tropicales de la planète. Selon l’organisation «Nature-Evolution», une association de sauvegarde de l’environnement, la RDC fait partie des dix pays au monde qui ont perdu, en 2018, la plus grande superficie de forêt primaire tropicale: le pays a enregistré une perte de plus de 481’000 hectares de forêts, notamment en raison du défrichement pour l’agriculture, l’extraction minière et la construction de routes.

La RDC n’est pas le seul pays africain dans ce contexte. Madagascar, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, le Ghana, le Gabon, l’Angola, le Liberia et la Tanzanie, sont dans la même situation. Un rapport mondial 2016 de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a relevé qu’entre 2000 et 2010, le monde a perdu 7 millions d’hectares de forêts, dont un tiers en Afrique.

La déforestation sur ce continent tient davantage à l’agriculture à petite échelle due à la croissance démographique et à la modification des habitudes. L’IRI-Congo veut inverser la tendance.

Pour Mgr Marcel Utembi, évêque de Kisangani, et président de la CENCO, «Il y a nécessité de protéger la nature comme don de Dieu à l’homme pour son épanouissement. On peut arrêter les stratégies, les mécanismes», a-t-il ajouté, appelant à une prise de conscience que notre maison commune est en danger . «Si nous n’y prenons garde, a-t-il estimé, nous allons alors payer les effets néfastes».

L’IRI-Congo est soutenue par le Conseil national des religions pour la paix (CNRP) et le Réseau des populations autochtones et locales pour la gestion durable des écosystèmes forestiers (REPALEF). (cath.ch/ibc/bh)

La RDC, le Brésil et l'Indonésie, concentrent 60% de la forêt tropicale de la planète | © Flickr/Axel Fassio/CIFOR/CC BY-NC-ND 2.0
9 décembre 2019 | 17:05
par Ibrahima Cisse
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