Les organisations humanitaires montent au créneau

RDC: Second journaliste de Radio Okapi assassiné à Bukavu en 18 mois

Kinshasa, 26 novembre 2008 (Apic) Plusieurs ONG condamnent «avec force» l’assassinat du journaliste congolais Didace Namujimbo le 21 novembre à Bukavu. Déjà en juin 2007, un autre collaborateur de Radio Okapi, Serge Maheshe, avait été abattu dans la même ville.

Une coalition d’organisations de lutte pour les droits humains, dont l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) et Fédération de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) ont appelé les autorités congolaises à «diligenter une enquête minutieuse, à garantir un procès juste et équitable devant une juridiction indépendante et impartiale et à confier ce dossier aux juridictions civiles».

Le journaliste de Radio Okapi Didace Namujimbo, 34 ans, père de famille, a été assassiné d’une balle dans la tête le soir du 21 novembre alors qu’il rentrait à son domicile. Il a couvert des dossiers sensibles, comme par exemple le procès des présumés assassins de son collègue Serge Maheshe, et ce malgré le climat général d’intimidation à l’encontre des observateurs aux procès, de la presse et des avocats. Il effectuait «un travail rigoureux d’information au service de la population congolaise, avec un grand professionnalisme et dans le respect des règles déontologiques», souligne la coalition d’ONG.

Cet assassinat a été précédé de ceux de deux autres journalistes à Bukavu. Pascal Kabungulu, travaillant pour la Ligue des droits de l’Homme dans la Région des Grands Lacs, a été abattu le 31 juillet 2005, alors que le secrétaire de rédaction de Radio Okapi, Serge Maheshe, est mort le 17 juin 2007.

Des procédures judiciaires qui piétinent

Le procès des présumés assassins de Pascal Kabungulu est resté bloqué au niveau des juridictions militaires de Bukavu depuis plus de trois ans et n’a toujours pas repris à ce jour, dénoncent les ONG. Ajoutant que l’affaire Serge Maheshe a connu une enquête gravement défaillante. Le procès qui s’est déroulé devant le Tribunal militaire de garnison et la Cour de justice militaire de Bukavu n’a pas présenté les garanties d’un procès équitable et n’a aucunement permis d’établir la vérité sur les faits et les responsabilités, selon la coalition.

Les organisations de lutte pour les droits humains lancent un appel aux autorités congolaises, aux Etats membres de l’Union européenne, à la MONUC et au programme REJUSCO en vue de garantir une enquête indépendante, impartiale et approfondie concernant le crime de Didace Namujimbo, de garantir un procès juste et équitable et de confier cette affaire à la justice civile et non à la justice militaire. (apic/com/bb)

26 novembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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