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Réaction de l'Eglise catholique belge face à la résurgence du Covid-19

A partir du 29 juillet 2020 et pour «au moins quatre semaines», seules 100 personnes au maximum pourront être présentes lors d’une célébration religieuse publique en Belgique. Ces mesures ont été prises par le Conseil national de sécurité en raison de la recrudescence de la pandémie.

Le nombre moyen d’infections au coronavirus est passé en Belgique à 278,9 par jour entre le 17 et le 23 juillet, et on compte une augmentation de 52% des patients en soins intensifs.

«Conscients que la crise du Covid-19 est loin d’avoir épuisé toutes ses conséquences», les évêques de Belgique tirent les leçons des mesures sanitaires annoncées le lundi 27 juillet à l’échelle des églises.

Les évêques espéraient un assouplissement des restrictions

«Nous espérions un assouplissement des restrictions pour participer à l’Eucharistie au mois d’août mais cela ne sera malheureusement pas possible. Il est sage pour l’Eglise d’assumer avec tous les citoyens une responsabilité collective afin d’enrayer de nouveaux développements du Covid-19», déclare la Conférence épiscopale de Belgique, en réaction  à la communication des nouvelles mesures sanitaires faite par le gouvernement.

Au vu des dernières statistiques, le gouvernement belge a choisi de restreindre fortement le nombre de contacts sociaux de la population.  A partir de cette date, seules 100 personnes au maximum pourront être présentes lors d’une célébration religieuse publique.

Conséquences spirituelles

La distance d’un mètre cinquante entre les personnes reste en vigueur, de même que l’obligation pour les fidèles de porter le masque durant la célébration ainsi que celle de se désinfecter les mains lors de l’entrée dans l’église, cette dernière étant un lieu public.

La Conférence épiscopale belge s’émeut des conséquences spirituelles de ces mesures impactant les églises, note le site officiel de l’Eglise catholique en Belgique francophone CathoBel : «Au cœur de l’été, les célébrations eucharistiques demeurent des temps essentiels pour nourrir notre vie spirituelle et notre engagement de chrétien».  

La préoccupation sanitaire prime

La préoccupation sanitaire prime cependant dans la prise de position des évêques: «Conscients que la crise du Covid-19 est loin d’avoir épuisé toutes ses conséquences, nous portons dans la prière celles et ceux qui en sont particulièrement affectés». Et ils sont bien conscients que ce ne sont pas les chefs de culte qui décident en matière de santé publique.

«Un évêque qui ne respecterait pas les directives des gouvernements en matière sanitaire, en poussant les prêtres à célébrer l’eucharistie ‘comme avant’, outrepasse ses prérogatives. Il risque même d’être jugé responsable de la mort des personnes infectées par le Covid-19 au cours de ces liturgies interdites», expliquait récemment Mgr Harpigny, l’évêque de Tournai. Et de rappeler que le pape François lui-même, «de manière très stricte, a respecté les mesures sanitaires».

Protocole de reprise des offices religieux

Dès le début de la crise sanitaire, les évêques belges ont anticipé les mesures de confinement en préconisant l’arrêt des messes (communiqué du 12 mars) puis la limitation des funérailles et baptêmes religieux (la semaine suivante). Courant avril et surtout en mai, les évêques se sont associés aux autres chefs de culte pour négocier un protocole de reprise des offices religieux qui évite le maximum de risque de contamination.

C’est ainsi que depuis le 8 juin, les messes ont pu reprendre avec une limite de 100 personnes par église, à condition que les règles de distanciation physique puissent être respectées. CathoBel signale que les paroisses s’étaient organisées, pour multiplier les horaires de célébrations ou jouer la complémentarité entre les églises afin que chaque chrétien puisse assister et participer en toute sécurité à la messe dominicale. (cath.ch/cathobel/be)

L'Eglise belge face à la résurgence du Covid-19 (fernando zhiminaicela sur Pixabay)
29 juillet 2020 | 17:03
par Jacques Berset
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