Un péché public contre le premier commandement de Dieu

Réaction outrée des intégristes à la rencontre interreligieuse au Vatican

Menzingen,

(APIC) «Réaction outrée des intégristes à la rencontre interreligieuse au Vatican et le premier article du Credo» Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, issue du schisme d’Ecône, n’a pas de mots assez durs pour condamner la rencontre interreligieuse organisée au Vatican. Dans une lettre ouverte adressée à Jean Paul II, il interpelle vivement le pape: «Comment pouviez-vous, Vicaire du Christ, vous mêler parmi les représentants de religions qui nient sa divinité ?» Quant à la signature avec les luthériens de la déclaration commune sur la justification, elle hérisse tout autant les disciples de feu Mgr Lefebvre.

La lettre adressée au pape est en fait un violent réquisitoire centré sur la question de la liberté religieuse que Mgr Lefebvre n’a jamais voulu admettre et qui a été à la base du schisme d’Ecône en 1988. «Comment pouviez-Vous, Vicaire du Christ, Vous mêler parmi les représentants de «religions» qui nient sa divinité? Comment pouviez-Vous humilier l’Eglise catholique, unique Epouse de Notre Seigneur Jésus-Christ en la ravalant au rang de sociétés fondées non par Dieu, mais par la volonté de l’homme? Comment pouviez-Vous inviter à prier Dieu des adeptes de «religions» qui refusent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus ou qui, niant l’existence d’un Dieu personnel et unique, ne sont qu’athéisme et idolâtrie? Comment pouviez-Vous justifier cette invitation en affirmant que le Saint-Esprit habite mystérieusement en chaque homme, alors que saint Paul enseigne le contraire?»

Répétition du scandale d’Assise

Mgr Fellay revient évidemment sur la première rencontre interreligieuse d’Assise 1986: «Au moment où Vous allez renouveler le scandale d’Assise, le 28 octobre, sur la place St-Pierre à Rome, nous osons protester solennellement contre ce péché et, invoquant l’autorité de Vos prédécesseurs assez récents, Vous opposer la condamnation qu’ils en ont faite ainsi que des erreur sous-jacentes.» Et de citer Pie IX, Léon XIII et Pie XI.

«Par ces réunions «interreligieuses», poursuit le prélat intégriste, Vous ne confirmez pas vos frères dans la foi, bien au contraire Vous promouvez un immense indifférentisme et provoquez la division à l’intérieur de l’Eglise. En outre, les thèmes humanistes, terrestres, naturalistes de ces rencontres font déchoir l’Eglise de sa mission toute divine, éternelle et surnaturelle, au niveau des idéaux maçonniques d’une paix mondiale en dehors de l’unique Prince de la Paix.»

Mgr Fellay rejette également violemment toute idée de main tendue pour un éventuel rapprochement avec Rome. «Mgr Lefebvre reconnut dans le funeste événement d’Assise un des «signes des temps» qui permettaient de procéder légitimement à des sacres épiscopaux sans Votre consentement et de Vous écrire que «le temps d’une franche collaboration n’était pas encore venu.» Les treize ans écoulés de Votre pontificat n’ont effacé en rien ces signes ni leurs conséquences calamiteuses dans l’Eglise, ni la blessure qu’ils causent aux cœurs des catholiques fidèles. «

A cette première cause de tristesse s’ajoute pour les intégristes la signature de la déclaration commune de l’Eglise catholique et de la Fédération luthérienne mondiale sur la Justification le 31 octobre. «Après que le cardinal Cassidy, au nom de l’Eglise catholique, ait contredit le texte de cette déclaration sur des points graves, y décelant des erreurs, des ambiguïtés, comment pouvez-vous en permettre la signature?» interroge Mgr Fellay. (apic/com/mp)

29 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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