l’évêque de Sion, le cardinal Henri Schwery

Réactions après l’annonce de la démission de (190195)

Sentiment de tristesse au sein de l’Eglise valaisanne et suisse

Saint-Maurice/Fribourg/Sion/St-Gall/Bâle/Einsiedeln, 19janvier(APIC) Les

fidèles, les prêtres, les religieuses et religieux du diocèse de Sion et de

la Suisse entière ont appris jeudi «non sans émotion et quelques sentiments

de tristesse» la décision du cardinal Schwery de remettre sa charge d’évêque de Sion et le fait que le pape Jean Paul II ait accédé à cette demande.

«Ce ’départ’ nous peine, car c’est d’abord la révélation que notre cher

cardinal est durement éprouvé dans sa santé et nous savons qu’il n’est pas

homme à s’écouter», note Mgr Henri Salina, Evêque Abbé de Saint-Maurice, et

président de la Conférence des évêques suisses (CES). Vieux routinier de la

CES, au sein de laquelle il siège depuis 25 ans, Mgr Salina rencontre Mgr

Henri Schwery au sein de cette instance depuis 1977, date où ce dernier a

pris en charge le diocèse de Sion. L’Abbé de Saint-Maurice, proche voisin

du diocèse de Sion, est entré en «fraternelle amitié» dès cette époque avec

le jeune Henri Schwery.

Mgr Salina souligne que Mgr Schwery est chanoine d’honneur de l’Abbaye

de Saint-Maurice et que depuis son arrivée sur le siège épiscopal de Sion,

la collaboration pastorale entre Sion et Saint-Maurice s’est grandement développée et est devenue de plus en plus étroite, ce qui a permis notamment

de redéfinir le territoire abbatial. «On travaille main dans la main, en

toute fraternité». Ainsi, un certain nombre de paroisses du diocèse de Sion

sont desservies par Saint-Maurice, comme celles du décanat d’Aigle, celles

de la région pastorale de Saint-Maurice et celles du secteur de Bagnes.

Un cardinal chauffeur

Avec son humour coutumier, Mgr Salina reste encore «tout à fait ému»

d’être probablement le seul prélat de l’Eglise catholique romaine à avoir

eu comme chauffeur un cardinal! En effet, quand ils se rendaient tous deux

aux séances de la CES, c’était le cardinal qui tenait le volant. Une occasion pour les deux hommes d’Eglise du Valais de se préparer en vue des discussions qui allaient venir, d’évoquer les problèmes auxquels ils devaient

faire face et de partager les soucis communs.

En tant que président de la CES, Mgr Salina souligne qu’il s’est beaucoup donné pour la Conférence des évêques, qu’il a présidée durant six ans,

c’est-à-dire durant deux périodes, «qui ne furent pas sans turbulences et

pleines de soucis pour lui!». «Sa présence nous manquera, passionné qu’il

était pour les questions de pastorale concrète, pour le lien entre éthique

et science entre autres».

Le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la CES, salue l’humour, le

sérieux, le dynamisme et la joie de vivre de celui qui fut son président à

deux reprises. L’annonce de sa démission lui fait penser que le cardinal

doit à l’évidence davantage souffrir de sa maladie qu’il veut bien le

montrer pour avoir dû prendre une telle décision.

Un «sage», estime Mgr Mamie

Le cardinal Schwery reste pour son confrère Mgr Pierre Mamie, évêque de

Lausanne, Genève et Fribourg, «un très grand ami». Cette amitié remonte aux

années 50, lorsque au temps de leurs études, tous deux militaient au sein

de la JEC, la Jeunesse étudiante catholique. «De ce temps-là, je garde de

très beaux souvenirs!». Mgr Mamie a toujours aimé l’humour, la disponibilité et l’humilité de ce Valaisan au caractère bien trempé, très attaché à sa

terre et aux rudesses de ses montagnes. Il a beaucoup admiré son attitude

lors de la visite du pape Jean Paul II en Suisse en 1984.

Il garde le souvenir d’un homme qui disait toujours clairement sa pensée, «avec beaucoup de franchise, sans jamais blesser». Mgr Mamie, qui a

longuement fréquenté son confrère de Sion au sein de la CES, relève qu’il

manquera beaucoup dans cette instance composée d’hommes aux caractères et

aux talents si diversifiés. «Mgr Schwery me faisait souvent penser aux petits lacs que l’on rencontre près des glaciers, car j’aime l’humilité du

lac qui choisit le point le plus bas pour refléter le ciel». Et Mgr Mamie

de le considérer comme un «sage» auquel il continuera à demander conseil

dans certaines circonstances.

Une estime unanime

Nonce apostolique en Suisse, Mgr Karl-Josef Rauber relève que l’évêque

démissionnaire a été un véritable constructeur de ponts que le pape Jean

Paul II tient en haute estime. Il pense que Mgr Schwery a parfaitement su

représenter la réalité et les sensibilités suisses auprès du Saint-Siège.

Pour Mgr Georg Holzherr, Abbé d’Einsiedeln, la question des intégristes

de Mgr Lefebvre et le bilinguisme dans son diocèse, furent les deux principaux défis auxquels Mgr Schwery fut contraint de faire face comme évêque de

Sion. Mgr Holhzerr, qui est membre de la Conférence des évêques suisses

(CES) depuis près de 26 ans, apprécie en Mgr Schwery un homme qui s’engage

de façon déterminée pour atteindre son but. C’est ainsi, dit-il, qu’il a

organisé de manière souveraine, en tant que président de la CES, la visite

du pape Jean Paul II en Suisse en 1984.

L’ancien évêque de St-Gall parle, lui, du «grand engagement et du tempérament typiquement valaisan avec lequel le cardinal a rempli sa tâche». Mgr

Otmar Mäder met en évidence son action en faveur de l’Eglise universelle et

le souci qu’il a manifesté pour que son diocèse soit en lien avec cette

dernière.

Quand à Mgr Hansjörg Vogel, évêque de Bâle, il a fait part de son regret

à l’annonce de la démission du cardinal. «En sa qualité d’évêque de Sion,

il n’a jamais baissé les bras face aux défis que pose la pastorale actuelle». (apic/mp/pr/be)

19 janvier 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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