Chypre: Benoît XVI a choisi une diplomatie mesurée pour favoriser le dialogue
Réactions aux discours du pape
Nicosie, 6 juin 2010 (Apic) Au contraire de nombre de ses interlocuteurs, Benoît XVI a opté, au cours de son déplacement de 3 jours à Chypre, pour un ton et une attitude particulièrement diplomates. Devant les Greco-chypriotes comme dans son attitude à l’égard de la partie nord de l’île, sous contrôle turc, il a toujours fait en sorte de ne froisser personne, invitant simplement au dialogue, qu’il soit politique ou religieux.
Aux yeux du fondateur de la Communauté Sant’Egidio, Andrea Riccardi, c’est la présence du pape qui est, en soi, « un geste diplomatique fort ». Pour le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, cette « attitude mesurée » de Benoît XVI n’a d’autre objectif que de permettre aux différentes parties de dialoguer.
Andrea Riccardi, présent à Chypre lors de la visite de Benoît XVI, a confié à I.MEDIA que le pape avait en effet « choisi une ligne de présence calme » avant d’inviter à tenir compte du fait que « cette présence à un sens car personne ne vient à Chypre ». « Aucun chef d’Etat ne vient, ni aucune personnalité, non parce que Chypre ne serait pas reconnue, mais parce que personne ne veut s’embarrasser avec la Turquie », a ainsi expliqué le fondateur de Sant’Egidio.
«Le pape a choisi de venir, explique-t-il alors, c’est un geste diplomatique fort, et il s’agit de la plus grande visite d’Etat que Chypre ait jamais reçue ». « Ses interlocuteurs, comme le président ou l’archevêque orthodoxe, sont dans leur rôle, mais il ne faut pas isoler les Chypriotes, il faut recréer un espace de dialogue et de compréhension de sorte que l’on puisse reprendre les négociations dans un climat de paix », souhaite Andrea Riccardi. Et de conclure : « les murs doivent tomber, on a une Europe unie mais il y a encore des murs, c’est insensé».
«Nous pouvons comprendre la passion de l’archevêque Chrysostome qui risque de perdre un grand patrimoine de culture chrétienne », explique lui aussi le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Sur l’antenne de Radio Vatican, le Père Federico Lombardi explique ainsi que la « fonction » du pape « n’est pas de donner des solutions politiques » mais d’effectuer « un service profond d’édification de la paix à travers un message de compréhension mutuelle, de préparation des âmes pour bâtir la paix à long terme ». Benoît XVI, conclut le Père Lombardi, adopte « une attitude mesurée, au-dessus des différentes parties, pour les aider à se rencontrer ». (apic/imedia/ami/js)



