Zurich: Les deux prêtres catholiques renoncent à une intercélébration

Réactions de stupeur dans l’assemblée

Dübendorf, 30 juin 2013 (Apic) L’intercélébration entre prêtres et pasteurs de diverses confessions, le soir du 29 juin à Gfenn, près de Dübendorf, n’a finalement pas eu lieu sous la forme prévue. Le capucin Willi Anderau et le jésuite Josef Bruhin n’ont pris part à la célébration à la chapelle des Lazaristes que comme «invités».

Ce revirement est dû aux discussions auxquelles ont été conviés les évêques suisses la semaine suivante au Vatican au sujet de «l’Initiative des paroisses». Les deux prêtres n’ont pas voulu compliquer la chose en participant activement à l’intercélébration. Cette explication, livrée par Willi Anderau en début de célébration devant l’assemblée et les caméras de la télévision suisse alémanique, a provoqué des réactions de consternation parmi les fidèles. Certains ont alors quitté l’église en signe de protestation. Devant des représentants des médias, le capucin a également évoqué des pressions ecclésiales.

La chapelle des Lazaristes de Gfenn était pleine à craquer pour cette célébration initiée par quatre pasteurs réformés, dont un luthérien, et deux religieux prêtres catholiques. Dans son mot d’accueil, le pasteur retraité Gerhard Traxel a affirmé que la communauté présente à Gfenn «dynamitait les frontières». Il a invité les participants à prendre part au «symbole de la table communautaire œcuménique», du nom de ce mouvement qu’il préside.

Mais après l’annonce de Willi Anderau, l’assemblée a été plongée dans la stupeur. Une réaction se fait alors entendre. «Je proteste contre cette tiédeur!», s’exclame une femme en quittant l’église. Elle sera suivie par quelques autres participants, alors que des murmures et exclamations se font entendre. Mais la grande majorité de l’assemblée, soit près de 200 fidèles, reste en place. Il était prévu qu’après la liturgie de la Parole et l’offertoire, les célébrants disent ensemble la prière eucharistique, puis distribuent la communion.

Les participants, dont certains sont venus de loin, sont déçus de ne pas avoir pu vivre à fond la dimension œcuménique de la célébration. Les Pères Anderau et Bruhin, ainsi que l’aumônier des handicapés zurichois Peter Schmitz-Hübsch, n’ont finalement participé à la célébration qu’en qualité d’invités. Ils se sont placés dans le chœur, mais à distance de l’autel. Ils sont restés assis quand leurs collègues réformés ont distribué le pain et le vin aux fidèles.

L’archiprêtre grec-orthodoxe a dû renoncer

Quant à l’archiprêtre grec-orthodoxe Ignatios Papadellis, il n’a pas été présent du tout. Il a dû renoncer à sa participation suite à une intervention des responsables de son Eglise, a expliqué Gerhard Traxel en début de célébration.

A terme de la célébration, les représentants des médias et les participants se sont regroupés autour de Willi Anderau. Le capucin a parlé devant la presse de grosses pressions exercées par le diocèse de Coire. Les évêques suisses ont été convoqués à Rome en lien avec le mouvement «Initiative des paroisses». En participant à une intercélébration, les deux prêtres auraient amené de l’eau au moulin des opposants à l’Initiative des paroisses. En renonçant, ils ont aussi voulu donner un signe en montrant les conséquences d’une interdiction prononcée par la direction de l’Eglise.

Mais les fidèles ont-ils vraiment compris ce signe? «Je suis venu avec joie, mais je rentre à la maison en colère», lâche une femme de Zollikon.

«Symbolon – communauté de la table oecuménique»

«Symbolon – communauté de la table oecuménique» existe depuis 5 ans, a expliqué son président Gerhard Traxel. Depuis une semaine, cette initiative a pris une nouvelle dimension en raison du retentissement qu’en ont donné les médias.

En plus du pasteur Traxel et des deux prêtres catholiques, la célébration a vu la participation du pasteur luthérien Johannes Lehnert, de Zurich, de Roland Diethelm, un des responsables de l’Eglise évangélique réformée du canton de Zurich, et du pasteur réformé Christoph Sigrist, de la paroisse du Grossmünster à Zurich.

Selon Roland Diethelm, le «Symbolon – communauté de la table oecuménique» est inspiré de la liturgie de Lima, apparue dans la capitale péruvienne en 1982, et qui s’est développée sous l’égide du Conseil œcuménique des Eglises. L’Eglise catholique n’autorise cependant pas ses prêtres à participer activement à une célébration commune avec des prêtres ou pasteurs d’autres confessions. (apic/sy/bb)

30 juin 2013 | 11:25
par webmaster@kath.ch
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