Rome: L’anticonformisme des chrétiens les exposent à la persécution, affirme le pape
Rebelles à l’égoïsme et au matérialisme
Rome, 9 février 2013 (Apic) «Les chrétiens forment le peuple le plus persécuté parce qu’ils sont non-conformes», a déclaré Benoît XVI le 8 février 2103. Lors de sa traditionnelle rencontre avec les séminaristes de Rome, il a expliqué qu’où qu’ils se trouvent, les fidèles de l’Eglise sont des «étrangers».
«L’arbre de l’Eglise n’est pas mourant mais il grandit toujours à nouveau, malgré les chutes graves», a assuré Benoît XVI. Il s’exprimait devant quelque 190 étudiants venus des cinq séminaires de Rome pour l’écouter au palais du Latran.
Dans son commentaire d’un passage de la première Lettre de saint Pierre, le pape a soutenu qu’en tant que chrétiens, «nous sommes égarés et étrangers». Nous voyons que dans le monde d’aujourd’hui, ils forment le peuple le plus persécuté parce qu’ils sont non-conformes, contre les tendances de l’égoïsme et du matérialisme, a affirmé Benoît XVI. Bien sûr, les chrétiens ne sont pas uniquement des étrangers, il y a aussi des nations chrétiennes. Nous sommes fiers d’avoir participé à la formation de la culture. Il existe un patriotisme sain, une joie saine d’appartenir à une nation, à une grande histoire de culture et de foi, a souligné le pape.
Partout étrangers
«Cependant, tout en étant chez nous, nous sommes aussi étrangers», a-t-il relevé. Aujourd’hui, en tant que chrétiens, nous sommes toujours étrangers. Au travail, les chrétiens sont une minorité, ils se trouvent dans une situation d’extériorité. Il semble étonnant aujourd’hui que l’on puisse encore croire et vivre ainsi. Cela fait aussi partie de notre vie : «Vivre non pas comme tous les autres mais chercher à vivre selon la Parole de Dieu», a déclaré Benoît XVI.
Etre réaliste face aux chutes
«Nous ne devons donc pas nous laisser impressionner, comme le disait le pape Jean XXIII, par les prophètes de malheur». Le pape a assuré que l’Eglise se renouvelle constamment. «Elle renaît toujours, l’avenir est à nous». Naturellement il y un faux optimisme et un faux pessimisme, a admis Benoît XVI. Le faux optimisme affirme que le christianisme a fait son temps. «Non, il commence à nouveau», a souligné le pape.
Le faux optimisme existait après le Concile Vatican II, lorsque les couvents et les séminaires fermaient et que l’on disait : ce n’est rien, tout va bien. Non, tout ne va pas bien, «il y a aussi des chutes graves, dangereuses, et nous devons reconnaître avec un réalisme sain que cela ne va pas lorsque l’on fait des erreurs», a dénoncé le souverain pontife.
Néanmoins, si l’Eglise meurt ici et là, à cause du péché des hommes, de leur non croyance, parallèlement l’avenir naît à nouveau, il appartient à Dieu. «C’est la grande certitude de notre vie, le véritable optimisme dont nous sommes sûrs : l’Eglise est l’arbre de Dieu, qui vit et porte en lui l’éternité».
Plusieurs charismes pour une seule foi
Les mondes de saint Pierre et de saint Paul vont de pair, il n’y a pas une théologie pétrinienne et une théologie paulinienne, mais une théologie de l’Eglise, a assuré le pape. Dans cette théologie, il y a certainement une diversité de tempéraments, de pensée, de façon de parler entre Pierre et Paul. Il est bon qu’il existe ces variétés. Aujourd’hui aussi, il y a des charismes et des tempéraments différents. «Néanmoins, ils ne s’opposent pas mais s’unissent dans une foi commune», a conclu Benoît XVI. (apic/imedia/cp/rz)



