Suisse: Culte à l’occasion du dialogue entre mennonites et réformés le 29 novembre
Réconciliation après des siècles d’hostilité
Berne, 17 juin 2009 (Apic) Mennonites (ou anabaptistes) et réformés suisses organisent, le premier dimanche de l’Avent 2009, un culte à l’occasion de leur dialogue qui a duré de 2006 à 2009, annoncent mercredi la Commission de dialogue de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence Mennonite Suisse (CMS). Il est intitulé «Christ est notre paix».
Depuis 2006, une Commission de Dialogue mandatée par la FEPS la CMS ont traité des points communs et des différences dans leur doctrine et leur pratique entre ces deux traditions qui n’ont pas toujours entretenus des rapports harmonieux, C’est une nouvelle étape marquante dans l’histoire de la réconciliation entre l’Eglise réformée et les anabaptistes persécutés jusqu’au début du 19è siècle.
Le 29 novembre 2009, la Commission de dialogue conclut ses travaux par un culte festif à la Friedenskirche de Berne et présente aux directions d’Eglise et au public ses résultats et les conclusions qu’elle a pu tirer au cours du travail des années écoulées.
Le fossé creusé au cours de l’histoire entre les deux Eglises peut être comblé
De nombreuses manifestations locales et régionales ainsi que des formes variées de collaboration ont par le passé montré que le fossé creusé au cours de l’histoire entre les deux Eglises pouvait être comblé. Ce culte festif réaffirmera la volonté des deux Églises de remplir ensemble leur mission : témoigner du Christ dans le monde.
Les mennonites suisses – appelés aussi anabaptistes – sont organisés en communautés de foi basées sur les enseignements de la Bible. En Suisse, on trouve actuellement 14 communautés dans 4 régions: le Jura, l’Emmental, la périphérie de Berne et celle de Bâle. Ces communautés comptent environ 2’500 membres et sont rattachées à la Conférence Mennonite Suisse (CMS).
Origine des anabaptistes ou mennonites, une «Réforme radicale»
Les mennonites (ou anabaptistes) trouvent leur origine dans le mouvement anabaptiste qui remonte au temps de la Réforme dans le premier quart du 16e siècle. C’est en quelque sorte la plus ancienne «Eglise libre» dans le monde protestant.
Les anabaptistes ne s’appuient pas sur l’autorité en place comme les Eglises de multitude. Pour eux, la communauté est constituée de membres qui y adhèrent librement et elle doit être indépendante de l’Etat. En janvier 1525, à Zurich, d’anciens collaborateurs et amis du réformateur Zwingli pratiquent le baptême d’adultes. Ceux-ci témoignent ainsi en toute conscience de leur foi. Au même moment, dans d’autres endroits en Europe, on assiste à des démarches similaires que les historiens qualifieront de «Réforme radicale».
Par leur critique de l’alliance entre l’Eglise et l’Etat, «néfaste à leurs yeux», rappelle la CMS sur son site internet www.menno.ch, «les anabaptistes s’attirent les foudres des puissants. Malgré la mise en place rapide de la répression et de persécutions, le mouvement anabaptiste se propage en Europe et plus tard aux Etats-Unis et en Amérique du Sud».
Le nom de «mennonite» provient d’un néerlandais appelé Menno Simons (1498-1561). Suite au désastre qui survient en 1535 à Münster, en Westphalie – où des anabaptistes illuminés avaient pris la ville avant d’être anéantis – , ce prêtre, devenu prédicateur anabaptiste, rassemble des anabaptistes pacifiques que l’on appellera bientôt les «mennonites».
Persécutés par les autorités bernoises aux 17e et 18e siècles
En Suisse, aux 17e et 18e siècles, l’histoire des anabaptistes est principalement marquée par une forte pression contre eux de la part des autorités bernoises. Elle provoque leur émigration vers le Jura, où ils sont tolérés et peuvent se rassembler dans les fermes qu’ils habitent. En 1693, on assiste à une séparation au sein des anabaptistes suisses, un groupe mené par Jacob Amman souhaite revenir à des valeurs moins mondaines – c’est le début de l’histoire des amish.
En raison de l’émigration d’un grand nombre d’anabaptistes vers l’Amérique du Nord et du Sud, (17e et 18e siècles) et du travail missionnaire, on trouve aujourd’hui des communautés mennonites sur les cinq continents. Elles se retrouvent au sein de la Conférence Mennonite Mondiale, qui a fêté ses 80 ans d’existence en 2005.
Le passé douloureux marqué par la persécution a été retravaillé dans des processus de réconciliation. Malgré cette histoire mouvementée et souvent tragique, des pas de réconciliations ont eu lieu et de nouvelles relations ont été établies notamment avec l’Eglise réformée. Les anabaptistes ou mennonites sont rassemblés en Suisse au sein de 14 communautés comptant environ 2’500 membres. En Europe, les mennonites disposent d’environ 400 communautés dans 15 pays, comptant environ 52’000 membres. Au niveau mondial, les anabaptistes sont environ 1,5 million, vivant dans 75 pays sur les 5 continents. (apic/com/be)



