Fribourg: L’intégration économique au cœur de la 3e Conférence des communes fribourgeoises pour l’intégration des migrant-e-s

Réfléchir aux enjeux spécifiques de l’intégration

Fribourg, 13 octobre 2011 (Apic) De nombreux participants ont assisté à la 3e édition de la Conférence des communes pour l’intégration des migrant-e-s, le 13 octobre 2011, à l’Université Pérolles 2 à Fribourg. L’intégration économique était au cœur de la rencontre.

«Cette rencontre joue un rôle essentiel pour la mise en œuvre de la politique d’intégration, puisqu’elle permet de maintenir et de renforcer la collaboration» entre l’Etat et les acteurs du terrain. C’est également l’occasion de réfléchir «sur des enjeux spécifiques de l’intégration», a déclaré Erwin Jutzet, président du Conseil d’Etat et directeur de la sécurité et de la justice, lors de son allocution.

Les communes, comme premier lieu d’accueil des migrant-e-s nouvellement arrivés, sont des acteurs essentiels de la politique cantonale d’intégration. En témoignent les nombreux projets qui ont vu le jour. Le président du Conseil d’Etat a rappelé le succès des cours de langue et le projet «Communes sympas – Gemeinsam in der Gemeinde», auquel ont participé notamment Guin et Bulle.

L’année 2011 a été marquée par l’adoption de la loi cantonale sur l’intégration des migrants et des migrantes et la prévention du racisme. Son but est de favoriser leur intégration, «en promouvant la cohabitation harmonieuse et l’égalité des chances comme une démarche réciproque, impliquant des droits et des devoirs tant pour la population suisse que pour la population migrante», a précisé Erwin Jutzet.

L’intégration économique, une dimension de la politique d’intégration

«L’intégration économique est une dimension importante de la politique d’intégration, puisqu’en Suisse un travailleur sur quatre est d’origine étrangère», a rappelé le président du Conseil d’Etat. L’entreprise, comme lieu où se nouent les relations sociales et où l’on se familiarise avec la culture du pays d’accueil, est un haut lieu d’intégration. «L’économie a besoin des migrant-e-s, c’est donc aussi sa responsabilité de relever le défi de l’intégration», a encore affirmé le politicien.

La question des mesures à mettre en place pour soutenir l’intégration est délicate. La nouvelle loi indique que «l’intégration doit être une démarche réciproque». Point que partage Didier Ruffieux, partenaire de Gachet Ruffieux Sa, entreprise lauréate du Prix Migration et Emploi en 2011. En conclusion de son exposé, il a donné six ingrédients pour réussir une intégration: la volonté de l’entreprise avec fixation des buts, la conviction du patron et la foi envers le candidat-e, la disposition et la réceptivité du candidat-e, l’environnement (parrainage, place de travail, ambiance), la considération du candidat-e et la confiance mutuelle.

Le type de permis de séjour rend parfois difficile l’intégration économique, a pointé Etienne Guerry. Selon le collaborateur scientifique au Service de l’action sociale, les migrant-e-s titulaires d’un permis provisoire (Livret F) rencontrent plus de difficultés à trouver un emploi. Ces personnes ne peuvent acquérir un permis B qu’après 5 ans de séjour et une intégration réussie. Mais il leur est difficile de s’intégrer, sans avoir un emploi stable et des contacts avec des autochtones. Pour les soutenir, des cours de langue, des stages ou des conseils spécialisés en intégration leur sont proposés.

Dans sa présentation, le bureau de l’intégration des migrant-e-s et de la prévention du racisme a mis en avant les priorités 2011, parmi lesquelles celle qui vise à développer l’information des nouveaux arrivants dans le canton en collaboration avec les communes. (apic/com/ggc)

13 octobre 2011 | 17:12
par webmaster@kath.ch
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