Regagner les milieux populaires à la foi

Le Sillon, mouvement animé par Marc Sangnier à partir de 1899, se proposait de réconcilier Eglise et République, de christianiser la démocratie, de regagner les milieux populaires à la foi. L’éloquence, le sens de l’organisation, l’autorité et la foi de Marc Sangnier lui ont assuré une audience considérable auprès des jeunes générations, notamment auprès des jeunes prêtres et des séminaristes. Il multiplie les cercles d’études sociales, réunissant jeunes ouvriers et jeunes intellectuels (2000 en 1905) et les Instituts populaires. On lui doit également la création en France des premières auberges de jeunesse. Les ennemis du Sillon, au premier rang desquels Charles Maurras et «L’Action française», attisent les méfiances et rencontrent un accueil favorable dans la hiérarchie romaine. Le 25 août 1910, le pape Pie X adresse à l’épiscopat français une lettre condamnant «Le Sillon». Sangnier se soumet sans hésitation et dissout le mouvement. Il fonde alors une nouvelle publication, «La Démocratie», et un mouvement politique, «La Jeune République», proche de l’esprit du Sillon mais évitant les ambiguïtés entre action politique et visées religieuses. «La Jeune République» se fondra dans le Mouvement Républicain Populaire (MRP), un important parti politique français d’alors, lors de sa création, en 1944. Marc Sangnier qui sera député de 1919 à 1924 sous les couleurs de la Jeune République, le sera à nouveau, cette fois au sein du MRP, de 1946 jusqu’à sa mort en 1950. (apic/jcn/ba)

27 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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