France: Pourquoi les œuvres provocatrices envers la religion catholiques prolifèrent-elles?
Rejet de l’héritage chrétien
Strasbourg, 9 décembre 2011 (Apic) Dominicain et historien de l’art à Strasbourg, François Boespflug revient sur la polémique suscitée en France par deux pièces de théâtre auprès des catholiques intégristes. Dans une interview accordée au journal «Le Temps» du 9 décembre 2011, il estime que la société éprouve aujourd’hui une lassitude face au christianisme et à l’immense dette qu’elle a envers lui.
«Notre société aimerait s’être autofondée et ne rien devoir à aucune religion. On assiste à une prolifération d’œuvres relevant d’une sorte d’agressivité oedipienne. Cette christianophobie provoque à son tour des réactions de chrétiens blessés», explique le professeur d’histoire des religions à la Faculté de théologie de l’Université de Strasbourg.
Il relève la naïveté des gens qui pensent qu’un simple retrait de la notion de blasphème du droit pénal suffit pour qu’il n’existe plus. Le dominicain rappelle que certains comportements, comme celui du guide qui a scié des crois sommitales en Gruyère, dans le canton de Fribourg, font que les chrétiens se sentent agressés. Il remarque que dans notre société, il existe une «libération de la notion d’intolérance» lorsqu’il s’agit de régler des comptes avec l’héritage chrétien.
Cathos plus sensibles
François Boespflug souligne encore que tout ce qui touche à la Vierge, à l’eucharistie et à la papauté est un sujet très sensible chez les catholiques. Ce qui n’est pas le cas chez les autres confessions. Il explique que dès le moment que l’on donne un visage ou une image à ce que l’on croit, il faut s’attendre à être moqué ou caricaturé.
Enfin, le professeur encourage à protester contre ces œuvres provocatrices. «Une pièce attaquant de la sorte les religions juive ou musulmane auraient provoqué davantage de réactions scandalisées», conclut-il. (apic/letemps/nd)



