Allemagne: Samir Khalil Samir espère beaucoup de la visite du pape au Liban
Relancer le processus de libération dans les pays arabes
Munich, 25 août 2012 (Apic) L’orientaliste et jésuite égyptien Samir Khalil Samir place de grands espoirs dans la visite de Benoît XVI en septembre au Liban. Le pape tentera de rassurer la population, a affirmé le religieux, interrogé le 24 août par l’agence catholique allemande KNA.
Le Liban est un petit état, mais il est le seul qui soit véritablement pluraliste dans la région. Il peut devenir un exemple pour d’autres états arabes. Jean Paul II avait déjà décrit le Liban comme «un message pour le monde», a souligné Samir Khalil Samir.
Les autres points importants de ce voyage, selon le jésuite égyptien, seront la rencontre du pape avec les orthodoxes et les protestants, ainsi qu’avec des imams de tous les courants islamiques. Les discussions ne concerneront pas seulement la religion, «mais la construction d’un état commun pour tous les hommes». Les chrétiens de toutes les traditions doivent bâtir avec les musulmans de toutes tendances une nation qui soit ouverte aux différentes cultures, religions et opinions, affirme le religieux âgé de 74 ans, qui œuvre également comme conseiller pour les questions islamiques au Vatican.
En chemin vers la liberté, la démocratie et l’égalité
Le monde arabe aspire à la liberté, à la démocratie et à l’égalité, rappelle Samir Khalil Samir. Et le synode des évêques pour le Proche Orient de 2010 y a contribué. Mais depuis, ces buts ont été partagés par tous ceux qui n’y avaient pas encore accédé. C’est le cas de la Tunisie, de l’Egypte, de la Libye, de la Syrie et du Bahreïn. La visite du pape au Liban pourrait relancer ce processus de libération.
Le jésuite égyptien porte un regard de grande inquiétude sur la Syrie. Si le régime d’al Assad devait tomber, c’est un gouvernement sunnite fanatique qui devrait lui succéder. «Ce serait une catastrophe pour toutes les minorités religieuses», affirme Samir Khalil Samir. Les sunnites considèrent les alaouites comme des hérétiques et pourraient les exterminer. L’avantage de la dictature en Syrie était de garantir la sécurité et d’adopter un comportement neutre du point de vue religieux. «Les gens ne pouvaient pas exprimer librement leurs opinions politiques, mais les chrétiens vivaient au moins en sécurité». C’est pourquoi ils se positionnent plutôt du côté de l’opposition pour ce qui concerne le respect de droits humains, mais de celui du gouvernement actuel pour ce qui touche leur tranquillité.
Note aux rédactions : Des photos de Samir Khalil Samir peuvent être commandées via la banque de données www.kna-bild.de
(apic/kna/am/bb)



