France : L’évêque de Versailles dénonce le projet de loi sur l’homoparentalité
Remettre le bien de l’enfant au centre du débat
Versailles, 26 septembre 2012 (Apic) Après plusieurs de ses confrères, Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, s’interroge sur la pertinence du projet de loi visant à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe en France. «Alors que notre pays traverse une crise économique et sociale sans précédent, l’urgence est-elle vraiment d’ouvrir un tel chantier qui touche à des repères sur lesquels est fondée notre société ?», se demande l’évêque dans une déclaration publiée le 25 septembre sur le site internet du diocèse.
Mgr Aumonier déplore de voir ce projet se profiler «sans réelle concertation ni débat sur le fond». Quant à savoir si les responsables catholiques sont dans leur rôle en prenant position sur les sujets de société, l’évêque rappelle que «l’Église joue son rôle de veilleur. Elle alerte les consciences, surtout quand les fondements de notre société sont remis en cause, quand le bien de la personne est en jeu».
Pour l’évêque des Yvelines, il s’agit de remettre le bien de l’enfant au centre du débat. «Il doit être premier et ne peut passer après la satisfaction du désir même sincère des adultes. Il n’y a pas de droit à l’enfant, mais bien un droit de l’enfant, à défendre et à promouvoir.»
La loi va voler aux enfants le repère essentiel père-mère
Aux yeux de Mgr Aumônier, «non seulement ce projet de loi ne va pas supprimer de discriminations mais il va instituer une injustice vis-à-vis des enfants, à qui on va voler ce repère essentiel de la complémentarité père-mère». Les parents, les enfants eux-mêmes savent «combien un père, ce n’est pas comme une mère», estime-t-il, évoquant cette «complémentarité structurante» qui risque de disparaître.
Ceux qui travaillent au service des jeunes «savent qu’il y a toujours une fragilité, et souvent une souffrance, quand les événements de la vie font qu’un des deux parents n’est plus là, développe-t-il. Courageusement, des pères ou des mères seuls essayent d’y pallier. Ils sont les premiers à savoir le poids du manque d’un référent masculin ou féminin. L’instituer «en amont, déduit Mgr Aumonier, c’est une injustice profonde pour les enfants qui devront le subir».
Appel a intervenir auprès des élus et des ministres
Dans sa déclaration, l’évêque de Versailles invite tous les catholiques de son diocèse à écrire «avec respect et gravité» à leurs élus, aux ministres concernés, au premier ministre et au président de la République. Il s’agit de «réclamer l’ouverture «de vrais débats sur ces sujets, sur le modèle de la réflexion nationale qui avait été entreprise avec sérieux sur les questions de bioéthique. Le bon sens exige en effet qu’on prenne sur une telle question le temps d’une réflexion de fond, qui soit libre de toute pression», conclut-il (apic/com/cx/mp)



