Rome: Benoît XVI se rendra à la synagogue de Rome le 17 janvier 2010.

Rencontre avec le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni

Rome, 13 octobre 2009 (Apic) Pour la première fois de son pontificat, Benoît XVI se rendra dans l’après-midi du dimanche 17 janvier 2010 à la synagogue de Rome, «à l’occasion de la 21e journée pour l’approfondissement et le développement du dialogue entre catholiques et juifs», a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège le 13 octobre 2009. Le 17 janvier correspond au jour «miraculeux» où les juifs échappèrent, en 1793, à «la furie du peuple romain» qui accusait le ghetto d’être à la source de courants révolutionnaires, a précisé le Bureau de presse du Saint-Siège. Jean Paul II avait effectué quant à lui une première visite historique à la synagogue de Rome le 13 avril 1986.

Initialement prévue courant novembre 2009, la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome a donc été déplacée au 17 janvier 2010 pour correspondre à la 21e journée «pour l’approfondissement et le développement du dialogue entre catholiques et juifs». Le pape rencontrera alors le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, ainsi que la communauté juive. En janvier 2009, cette traditionnelle journée organisée depuis 1993 par la Conférence épiscopale italienne avait été suspendue par les participants juifs qui mettaient en cause la trop légère modification par Benoît XVI de la prière du Vendredi saint, en février 2008.

La date du 17 janvier marque la tentative de soulèvement révolutionnaire du peuple de Rome, en 1793, «réuni aux portes (du ghetto, ndlr) pour l’incendier et pénétrer dans l’enceinte» du quartier juif. Les Romains étaient convaincus «que les juifs aidaient et protégeaient les ennemis partisans des nouvelles idées révolutionnaires venues de la France».

Commémoration du jour «miraculeux» pour les juifs de Rome

Ce 17 janvier 1793 fut donc un jour «miraculeux», où «les juifs du ghetto de Rome échappèrent à la furie du peuple romain», peut-on encore lire dans le communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. Cependant, «dans le reste de l’Etat pontifical, les juifs avaient été agressés et certains avaient été malmenés». «On craignait le pire, lorsqu’une averse providentielle – presque un déluge torrentiel -, éteignit l’ardeur des personnes les plus échauffées et les flammes des grandes portes auxquelles on avait mis le feu à l’aide de fagots», est-il encore écrit dans le communiqué. Ce 17 janvier est traditionnellement appelé en Italie le ›Mo’èd de plomb’, en mémoire «de la couleur du ciel obscur et grisâtre comme le plomb».

Il s’agira de la troisième visite de Benoît XVI dans une synagogue, après Cologne (Allemagne) en août 2005 et New York (Etats-Unis) en avril 2008. En mai 2009, lors de son voyage en Terre sainte, le pape s’était en outre rendu, à Jérusalem, sur les traces de Jean Paul II au mémorial de la Shoah, le Yad Vashem, et au pied Mur des Lamentations, 2 lieux hautement symboliques pour la communauté juive. A cette occasion, Benoît XVI s’était également rendu au Grand Rabbinat de Jérusalem.

Par ce geste, il suivra les traces de son prédécesseur Jean Paul II qui avait accompli une visite historique dans la synagogue de Rome le 13 avril 1986. Jean Paul II était alors devenu le premier pape à entrer dans une synagogue depuis les premiers temps de l’Eglise. Dans le temple juif de Rome, sur les bords du Tibre, il avait vu dans les juifs les «frères bien-aimés» et les «frères aînés» des catholiques. (apic/imedia/lb/js)

13 octobre 2009 | 13:48
par webmaster@kath.ch
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