Rome: Visite du président français Nicolas Sarkozy au Vatican

Rencontre avec le pape, prière pour la France et déjeuner au programme

Rome, 7 octobre 2010 (Apic) Pour la 2e fois depuis son élection, le président français, Nicolas Sarkozy, sera reçu par Benoît XVI dans sa bibliothèque privée au Vatican, le 8 octobre 2010 à 11h. Lors de cette visite, le chef de l’Etat français s’entretiendra avec le pape ainsi qu’avec ses proches collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat avant de se rendre dans la basilique Saint-Pierre pour une «cérémonie pour la France» et, enfin, à l’Ambassade de France auprès du Saint-Siège, pour un déjeuner avec certains hauts responsables du Vatican.

Ce déplacement à Rome du président français, uniquement consacré au Saint-Siège, ne comportera aucune rencontre avec les autorités italiennes. Après avoir été accueilli dans la cour Saint-Damase, au pied du Palais apostolique du Vatican, le chef d’Etat français sera reçu en privé par Benoît XVI dans sa bibliothèque, au 2e étage du Palais apostolique. L’entretien avec le pape, en français, et qui devrait durer plus d’une vingtaine de minutes, donnera ensuite lieu à un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. En 2007, lors de sa rencontre avec le pape, Nicolas Sarkozy s’était présenté avec un petit dossier entre les mains, contenant les questions à l’ordre du jour.

Après cet entretien privé autour du bureau de Benoît XVI, le président français présentera au pape sa délégation, qui devrait compter une dizaine de personnes. Suivra enfin l’échange des cadeaux. C’est la 3e fois que Benoît XVI et Nicolas Sarkozy se rencontrent. Le chef d’Etat français était venu à Rome le 20 décembre 2007 pour prendre solennellement possession de la stalle de ›premier et unique chanoine d’honneur’ du chapitre de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Puis, le 12 septembre 2008, en déplacement en France, Benoît XVI avait à son tour été accueilli à Paris au palais de l’Elysée par Nicolas Sarkozy.

Par la suite, un étage plus bas, Nicolas Sarkozy s’entretiendra avec le cardinal italien Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et le Français Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats.

Après cette série d’entretiens, le président de la République français quittera le Palais apostolique pour se rendre dans la basilique Saint-Pierre, partiellement fermée au public, pour un «temps de recueillement», a indiqué à I.MEDIA la présidence de la République.

Dans la chapelle Sainte-Pétronille, Nicolas Sarkozy assistera à une ›cérémonie pour la France’ présidée par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et ancien secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Cette prière est traditionnellement effectuée lors de la ›messe pour la France’ célébrée autour du 31 mai, fête de cette sainte du 1er siècle considérée comme la ›fille spirituelle’ de saint Pierre et l’une des patronnes de la France.

Un déjeuner officiel aura ensuite lieu à la ›Villa Bonaparte’, à Rome, l’Ambassade de France près le Saint-Siège. Ce repas, auquel participera en particulier le cardinal secrétaire d’Etat, verra la participation de nombreux cardinaux et prélats de la curie romaine. Au cours de ce bref déplacement à Rome, c’est seulement à l’occasion de ce déjeuner que le président français prendra la parole, mais à huis clos.

«Saint-Pierre des Roms»

Ce déplacement à Rome de Nicolas Sarkozy a été planifié puis organisé en quelques semaines à peine par les services de Paris et du Vatican. Cette visite intervient un peu plus d’un mois après que le pape, le 22 août dernier, a appelé les pèlerins français à «accueillir les légitimes diversités humaines» et que les évêques français ont multiplié les déclarations inquiètes sur le sort réservé aux Roms et aux migrants dans l’hexagone.

A Rome comme à Paris, tout est fait pour dissocier les deux évènements. On murmure d’ailleurs, sans que cela ne soit officiellement confirmé, que les services du pape avaient préparé son texte du 22 août bien avant les premières expulsions de Roms engagées par le gouvernement Sarkozy. Les sujets à l’ordre du jour sont au contraire, très officiellement, la présidence du G20 prochainement assumée par la France et le Synode des évêques au Moyen-Orient que Benoît XVI ouvrira le 10 octobre.

Pour autant, à 2 jours du déplacement au Vatican de Nicolas Sarkozy, 3 responsables de l’Association nationale des gens du voyage catholiques devaient être reçus à l’Elysée par le directeur de cabinet de la présidence. Quant au site Internet de la Conférence des évêques de France, dans un article consacré à cette visite, il fait le rapprochement entre ce déplacement présidentiel et les propos du pape lors de la prière de l’Angélus, le 22 août dernier.

En tout état de cause, les déclarations du pape ont créé des remous au sein de la classe politique française ainsi que chez les catholiques de l’hexagone. Plusieurs analystes estiment que Nicolas Sarkozy entend profiter de cette visite pour rassurer et reconquérir d’ici 2012 l’électorat catholique déçu. (apic/imedia/ami/js)

7 octobre 2010 | 07:55
par webmaster@kath.ch
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