Genève: Visite culturelle de jeunes Palestiniens et Israéliens à Genève
Rencontre avec les représentants des communautés religieuses
Genève, 7 juillet 2010 (Apic) Pendant plusieurs jours, un groupe d’une vingtaine de jeunes Palestiniens et Israéliens ont eu l’opportunité de venir ensemble en visite à Genève. Ces garçons et filles, musulmans, juifs et chrétiens, provenant d’Israël et des Territoires palestiniens, ont pu vivre cette découverte dans le respect mutuel et en mettant en commun une foule de questions qui les habitent. Lundi, ils ont pu dialoguer avec les représentants des diverses communautés religieuses présentes dans la ville du bout du lac. Les échanges se sont effectués en anglais, arabe et hébreu.
Au programme de cette visite qui a pu se réaliser grâce à l’association «Coexistence» affiliée au YMCA de Jérusalem, notamment la découverte de la cathédrale Saint-Pierre, ainsi que celle de la Mosquée de Genève, au Petit-Saconnex, et de la synagogue de «Beit Yaacov». A l’intention des représentants des communautés religieuses locales, les jeunes avaient préparé une dizaine de sujets qui les intéressent particulièrement et dans lesquels on devine les paradoxes angoissants de leur situation locale actuelle, mais aussi leur profond désir d’un avenir différent.
Les jeunes ont par exemple demandé de quelle manière vit-on son identité de foi dans le contexte démocratique de la Suisse, comment cohabitent à Genève les diverses communautés, quelle perception a-t-on en Suisse du conflit du Proche-Orient, ou encore, qu’a signifié la récente votation sur les minarets. Pour leur répondre étaient présents Hafid Ouardiri, de la Fondation «Entre-Connaissance», le Grand Rabbin Raphaël Guedj, de la Fondation «Racines et Sources», et l’abbé Alain-René Arbez, curé de la paroisse de Chêne-Thônex et délégué aux relations avec le judaïsme.
La religion pour «faire le bien et fuir le mal»
L’abbé Alain-René Arbez a expliqué aux jeunes l’épisode de la Réforme à Genève, tournant historique dans la cité de Calvin mais aussi bien au-delà de ses frontières. «Il était important qu’ils perçoivent le fait que des conflits fratricides peuvent être surmontés, puisque aujourd’hui les relations entre protestants et catholiques sont constructives», a-t-il affirmé. Et d’ajouter: «Toute recherche d’authenticité à partir d’une Parole de Dieu dispensatrice de paix est donc nécessaire».
A partir des questions multiples posées aux interlocuteurs, Raphaël Guedj a insisté sur le fait que le conflit du Proche-Orient ne doit pas être importé ici en Suisse. Pour lui, il est essentiel qu’en Terre Sainte les membres des diverses communautés antagonistes prennent en compte le regard de l’autre, afin de sortir des lectures religieuses fermées, ce que l’écrivain libanais Amin Maalouf appelle les «identités meurtrières».
Hafid Ouardiri a pour sa part invité les jeunes musulmans à ne pas être prisonniers d’automatismes communautaristes et a souligné le fait que selon lui, la manière d’être croyant aujourd’hui doit se démarquer de l’emprise de certains régimes qui desservent l’islam. Il a, en conclusion, encouragé les jeunes à «écouter Allah, faire le bien et fuir le mal».
Questions sur la Bible
Alain-René Arbez a répondu à la question posée par une jeune musulmane: «Vous dites que Jésus est Dieu, pourquoi a-t-il connu des tentations au désert? ” Il lui a été répondu que «Jésus, un rabbi juif, n’était pas un homme se prétendant dieu, comme dans les mythologies grecques, mais que si Dieu s’était pleinement exprimé dans son humanité, c’est parce que Jésus incarnait lumineusement sa Parole. Les tentations traduisent donc le choix clair de Jésus de ne pas annoncer le règne de Dieu par le pouvoir, qui engendre la violence, car il respecte la conscience personnelle des croyants».
Quant à la question suivante «Selon vous, y a-t-il un enfer et un paradis», il était assez simple pour Alain-René Arbez de montrer que les hommes sont hélas capables de créer eux-mêmes des situations infernales, et qu’»il existe également une différence entre le bien et le mal, malgré le pardon réparateur de Dieu, avec toutes les conséquences que cela implique pour la responsabilité humaine». (apic/fm/ara/com/fb)



