Suisse: Le port du voile musulman à nouveau mieux toléré

Représentants de l’UDC favorables

Aarau, 12 avril 2010 (Apic) L’Union démocratique du Centre (UDC) qui s’était battue, il y a un an pour l’interdiction de la construction de minarets en Suisse, manifeste aujourd’hui une attitude plus conciliante à l’égard des musulmans. De nombreux membres de gouvernements cantonaux, issus de l’UDC, tolèrent actuellement le port de la burka lors des cours de natation.

Contrairement à l’option des partis cantonaux de l’UDC, celui d’Argovie n’est pas opposé au port de la burka par des filles musulmanes lors des cours de natation. Le responsable de l’instruction publique du canton, Alex Hürzeler, l’a déclaré au journal «Sonntag», le 11 avril 2010. Dans son message, le Conseiller d’Etat a clairement dit que cette autorisation visait à empêcher des dispenses de gymnastique.

Monika Knill, directrice de l’instruction publique du canton de Thurgovie, est du même avis: «Si des parents le désirent, nous autoriserons le port du voile lors de cours de natation.» Dans les directives du département, le droit pour les enfants musulmans de pratiquer du sport en gardant tous leurs vêtements est reconnu.

Question débattue au sein du parti

Le président du groupe UDC aux Chambres fédérales, Caspar Baader, met en garde contre une «réglementation particulière». Le Conseiller national estime que cette autorisation ne favorise pas l’intégration des musulmans en Suisse: «Nous sommes en Suisse, et non en Turquie ou en Iran», a-t-il affirmé. Et de poursuivre: «Celui qui veut vivre ici doit s’intégrer, c’est-à-dire aussi suivre tous les cours de natation donnés dans les écoles.»

Pour la présidente des femmes UDC du canton d’Argovie, Milly Stöckli, la question est de savoir si les jeunes filles musulmanes veulent ou non porter la burka. Pour elle, «cette disposition n’est pas tolérable».

Les femmes du PDC suisse sont aussi critiques à l’égard de cette disposition. Leur présidente, Babette Sigg, estime que laisser porter le voile à des jeunes filles, c’est les réduire à des êtres humains de seconde zone. Elle affirme que cela ne correspond pas à la Constitution fédérale.

Plusieurs cantons ont admis ces mesures

Le canton de Bâle-Ville a été l’un des premiers cantons à adopter cette mesure. Bâle-Campagne, Zurich, Lucerne et Soleure l’ont suivi. Pour Monika Knill, il est important que l’on respecte la sensibilité propre de chaque personne, et elle demande, dans ses directives, que les enfants musulmans puissent «se changer et prendre leur douche seuls.»

Dans ses directives, le responsable de l’instruction publique du canton d’Argovie exige que les écoles offrent des «douches séparées avec rideaux ou portes. (apic/gs/js)

12 avril 2010 | 14:42
par webmaster@kath.ch
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