Grèce: Droits humains bafoués en Grèce, selon Amnesty International
Requérants d’asile et migrants persécutés par la police et par des extrémistes
Londres – Lausanne, 20 décembre 2012 (Apic) La Grèce bafoue les droits des requérants d’asile et des migrants, alerte Amnesty International (AI) dans un document de synthèse publié le 20 décembre 2012. Cette situation est indigne d’un pays de l’Union européenne, lauréate du prix Nobel de la paix.
Originaire d’Alep en Syrie, N. se trouvait en compagnie de six autres Syriens à bord d’une embarcation traversant le fleuve Evros, en juin dernier. A l’endroit supposé être la frontière grecque, une patrouille de la police grecque a commencé à repousser leur canot pneumatique vers la Turquie. Un policier a crevé le canot avec un couteau, obligeant les migrants à regagner la rive turque à la nage.
Il s’agit d’un exemple relaté dans le nouveau rapport d’AI intitulé: «Grèce: le bout de la route pour les réfugiés, les requérants d’asile et les migrants». Il y décrit la violence quotidienne à laquelle sont confrontés les réfugiés et les migrants.
Les proportions d’une crise humanitaire
«Le non-respect par la Grèce des droits des migrants et des demandeurs d’asile prend maintenant les proportions d’une crise humanitaire», déclare John Dalhuisen, directeur du programme «Europe et Asie centrale» d’AI. Dans un contexte marqué par une forte pression migratoire, une crise économique profonde et une xénophobie montante, la Grèce se révèle incapable d’offrir la sécurité et un toit, les besoins les plus fondamentaux des réfugiés.
Une loi de 2011 a entraîné la création d’un organisme chargé d’instruire les requêtes, précise AI. Mais faute de personnel, celui-ci n’a toujours pas traité le moindre dossier.
Chaque semaine, seules une vingtaine de personnes parviennent à faire enregistrer leur demande à la Direction de la police des étrangers à Athènes. La file d’attente s’étire sur des centaines de mètres. De nombreux demandeurs d’asile se bagarrent pour garder leur place dans la queue.
La queue ou les centre de détention
Ceux qui ne parviennent pas à déposer leur demande ou qui y renoncent risquent d’être placés dans des centres de détention surpeuplés, où règnent des conditions d’hygiène déplorables, dénonce AI.
«La situation des mineurs isolés, un groupe parmi les plus vulnérables, est particulièrement préoccupante, indique le directeur du programme d’AI. Lors d’une visite effectuée récemment au centre de détention de Corinthe, nous avons constaté que plusieurs enfants étaient détenus avec des adultes, dans des conditions très difficiles. Lorsque les places manquent dans les centres de réception, ils sont laissés à la rue, sans hébergement».
Des extrémistes de droite font la loi
Le nombre d’agressions racistes s’est envolé en 2012. Demandeurs d’asile, migrants, mosquées, magasins et foyers de communautés étrangères ont été la cible régulière d’attaques de la part d’extrémistes de droite.
«Les autorités grecques doivent sortir de leur passivité et condamner ces actes avec fermeté. Ils doivent mener des enquêtes dignes de ce nom sur toutes les violences à caractère raciste», affirme John Dalhuisen.
«Suite à un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, la majorité des Etats européens ont pris la mesure qui s’imposait. Ils ont suspendu les renvois de demandeurs d’asile vers la Grèce, dans l’attente que celle-ci réforme ses procédures», poursuivit John Dalhuisen. «Les membres de l’Union européenne doivent toutefois partager plus équitablement le fardeau du traitement des demandes et de l’accueil des requérants d’asile», estime finalement le représentant d’AI.
La Suisse, suite à une décision de 2011 du Tribunal administratif fédéral, devrait avoir suspendu les renvois de requérants d’asile vers la Grèce. Or 17 personnes y ont été renvoyées en 2012, dénonce l’ONG. (apic/com/ggc)



