Bâle: Assemblée générale de l’ACAT-Suisse
Résolution pour l’accueil de détenus du camp de Guantanamo
Bâle, 21 juin 2009 (Apic) L’ACAT-Suisse (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a tenu son assemblée générale samedi 20 juin à Bâle. Les membres présents ont adopté une résolution en vue de la fermeture prochaine du camp de détention de Guantanamo et ont appelé les cantons à collaborer à l’accueil des détenus libérés.
L’ACAT-Suisse souligne dans un communiqué diffusé le 21 juin qu’elle «n’a eu de cesse de condamner l’existence du camp de détention de Guantanamo et les conditions de détention qui y règnent». C’est avec soulagement et reconnaissance qu’elle a accueilli l’annonce du président Obama de fermer Guantanamo en l’espace d’un an.
L’ACAT salue également la déclaration d’intention du Conseil fédéral du 21 janvier 2009, qui s’est dit prêt à examiner la possibilité d’accueillir des détenus libérés de Guantanamo. «Nous appelons les cantons à partager et à appuyer les efforts de la Confédération en ce sens et apprécions que certains aient manifesté leur disposition à cet effet», lance-t-elle.
L’ACAT-Suisse souligne que «les nombreux rapports faisant état de tortures et de mauvais traitements systématiques à l’encontre des détenus de Guantanamo ont été récemment étayés par le fait que Washington a officiellement admis que la torture et les mauvais traitements avaient été ordonnés et que ces derniers avaient été appliqués dans le camp de prisonniers». Selon elle, des centaines de détenus sont traumatisés par ces pratiques contraires au droit international. L’ACAT-Suisse rappelle que le droit international interdit d’utiliser en justice des «aveux» obtenus sous la torture. «Il incombe désormais aux Etats-Unis de mener des procédures constitutionnellement irréprochables devant des tribunaux ordinaires contre les détenus inculpés», estime-t-elle.
Détenus menacés de persécution dans leur pays
«Parmi les quelque 230 détenus actuels, beaucoup n’ont jamais été formellement inculpés et leur présumée activité terroriste n’a pu être prouvée d’aucune manière», rappelle l’ACAT dans son appel. «Certains se trouvaient simplement au mauvais endroit au mauvais moment: ils ont été arrêtés par les Etats-Unis ou leur ont été vendus. Depuis lors, même le gouvernement les considère comme inoffensifs. Plusieurs d’entre eux ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d’origine, car ils y sont menacés de persécution, de torture et de détention arbitraire – notamment au simple motif qu’ils ont été détenus à Guantanamo». L’ACAT cite en exemple le cas des membres de la minorité ouïgoure de Chine et des ressortissants libyens, ouzbeks, russes, syriens et tunisiens. «Il ne fait aucun doute par ailleurs que la plupart d’entre eux n’ont aucune perspective d’avenir dans le pays de leurs tortionnaires, même sous le nouveau gouvernement étasunien», affirme l’organisation de défense des droits humains.
Selon elle, les Etats-Unis dépendent de la collaboration d’autres pays pour fermer Guantanamo et sortir les détenus restants, «contre qui aucune procédure n’est en cours, de cette zone de non-droit, après des années de détention illégale». Pour toutes ces raisons, l’ACAT-Suisse invite la Confédération et les cantons à «accélérer les préparatifs en vue d’accueillir certains des détenus innocents et inoffensifs de Guantanamo». «La Suisse contribuera ainsi à tourner une page sombre de l’histoire contemporaine et à redonner leur dignité à quelques victimes de traumatismes», conclut-elle. (apic/com/bb)



