Berne: Le Parlement ampute de deux millions la dotation financière des paroisses
Résorber le déficit structurel du budget de l’Etat
Berne, 26 novembre 2013 (Apic) Le Grand conseil du canton de Berne a décidé, le 25 novembre 2013, de réduire de 2 millions de francs la dotation financière des paroisses ecclésiastiques catholiques et protestantes. Cette décision a été prise par 88 voix contre 38 dans le cadre des débats parlementaires du budget 2014, portant sur l’examen des offres et des structures (EOS 2014). Le but est de résorber le déficit structurel du budget de l’Etat. Elle a suscité la réaction des Eglises cantonales.
Dans un communiqué commun, l’Eglise nationale réformée évangélique du canton de Berne et l’Eglise nationale catholique romaine du canton de Berne déplorent cette décision, qui entraînera la suppression de 12 à 15 postes à plein temps dans le domaine pastoral. Les deux Eglises lancent un appel aux responsables des Eglises afin qu’ils tiennent compte des répercussions qu’auront ces coupures en mettant en œuvre les mesures d’économie au niveau des paroisses. Les Eglises se disent prêtes à entreprendre des dialogues constructifs.
Des «économies à court terme»
Andreas Zeller, président du Conseil synodal (exécutif) des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, estime que ces «économies à court terme» ne sont pas efficaces. Il a rappelé le rapport sur les relations entre l’Eglise et l’Etat, qui est en cours d’élaboration. «Une discussion n’a de sens que quand ce rapport sera disponible. Les droits acquis des Eglises doivent être préservés».
Josef Wäckerle, président du Conseil synodal l’Eglise nationale catholique romaine du canton de Berne a rappelé les tâches sociales et culturelles que remplissent les Eglises. «La décision imposant aux Eglises, après les suppressions de postes déjà décidées, d’économiser encore deux millions de francs nous cause des problèmes». Il estime que, pour cette raison, les services en faveur de la population devront être réduits.
«Les Eglises valent leur coût»
Dans un courrier adressé aux députés le 30 octobre 2013, et intitulé «Les Eglises valent leur coût – économiser sur les Eglises serait inopportun», les Eglises réformée évangélique et catholique romaine, ainsi que la Commission catholique chrétienne du canton de Berne et la Communauté d’intérêt des communautés israélites, expliquaient que les mesures d’économie proposées étaient «inopportunes».
Elles leur demandaient «instamment de rejeter les deux interventions parlementaires à ce sujet» et saluaient «la décision du Conseil exécutif d’élaborer un rapport important sur les relations entre l’Eglise et l’Etat». Elles se disaient «particulièrement favorables au fait que les aspects juridiques, politiques, sociétaux et ecclésiastiques soient clarifiés dans ce rapport». Rappelons que le canton de Berne a repris les propriétés foncières de l’Eglise en contrepartie de la rémunération des pasteurs. La desserte pastorale des paroisses bernoises – un canton où 75% de la population appartient à une Eglise nationale – correspond à seulement 0,86% des charges de l’Etat, rappelaient les signataires de ce courrier.
L’Eglise nationale catholique romaine du canton de Berne est une organisation cantonale de droit public ecclésiastique rassemblant les quelque 157’000 catholiques bernois.
Elle se compose de 33 paroisses sises dans les régions de Berne, du Mittelland, de l’Oberland et du Jura bernois. Cette collectivité reconnue par la Constitution du canton de Berne est dotée d’une personnalité juridique propre.
Le plan de mesures que propose l’examen des offres et des structures (EOS 2014) à l’intention du Grand Conseil bernois passe par une réduction des services publics, des ajustements structurels et une augmentation des recettes, dans le but d’alléger le budget cantonal ces prochaines années. (apic/be)



