Responsable de l’information religieuse au quotidien «Le Monde», Henri Tincq a reçu officiellement jeudi 19 septembre à Paris le prix du meilleur «Journaliste européen de l’information religieuse» de l’année. Henri Tincq est le lauréat
La vocation de ce prix est d’honorer les journalistes de la presse laïque «qui écrivent sur la religion avec pertinence, impartialité et dans un esprit oecuménique», indique la Conférence des Eglises Européennes (KEK) à Genève, qui gère ce prix au nom de la Fondation Templeton (USA).
Etaient présents pour la circonstance dans les salons de la Maison du protestantisme le métropolite Jérémie, président de la KEK, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF), ainsi que Pamela Thompson, de la Fondation John Templeton.
Après le Genevois Alain Dupraz, lauréat du Prix 1999
Henri Tincq est le deuxième lauréat francophone du Prix du Journaliste européen de l’information religieuse 2001, le premier étant Alain Dupraz, du quotidien genevois «La Tribune de Genève», lauréat du Prix 1999.
Responsable depuis 1985 de la rubrique religieuse au Monde, Henri Tincq avait déjà reçu en 1995 une mention spéciale du jury du Prix Templeton. Les trois articles qui ont emporté l’adhésion étaient: une analyse de l’état actuel des relations entre orthodoxes et catholiques romains, écrite avant la venue du pape en Grèce et en Ukraine; une interview du philosophe et anthropologue René Girard, après les événements du 11 septembre 2001; et un portrait de la théologienne suisse Lytta Basset, pasteure réformée et écrivain.
Prix remis à Jean Vanier
Manifestement ému et honoré de cette distinction, le lauréat a tenu à en remettre la récompense de 5’000 euros à Jean Vanier, le fondateur des communautés «Foi et Lumière» et son accueil «prophétique» des handicapés, sans distinction de leur appartenance ethnique ou religieuse.
«Les journalistes de l’information religieuse sont-ils une espèce en voie de disparition ?» A cette question de Luca Negro, secrétaire aux communications de la KEK, Henri Tincq a répondu que la sécularisation accélérée de nos sociétés conjuguée à la lourdeur des institutions ecclésiales, trop sujettes à parler la langue de bois, l’ont longtemps convaincu qu’il faisait partie des derniers des Mohicans.
Après le 11 septembre, pas le dernier des Mohicans
Mais les enjeux géostratégiques liés aux religions, notamment depuis les événements du 11 septembre 2001, et la demande de sens de nos concitoyens en mal de repères sont tels que l’information religieuse a de beaux jours devant elle, a-t-il relevé. Pour peu que les journalistes soient aptes à en renouveler le traitement, guidés à la fois par une juste distance vis-à-vis des institutions religieuses et une empathie naturelle pour le fait croyant. Sans nécessairement être croyants eux-mêmes. (apic/jcn/be)



