Evêque anglican attristé, mais confiant dans la politique multipartite

Responsables chrétiens de Taiwan déçus de l’échec du référendum sur l’adhésion à l’ONU

Hong Kong, 26 mars 2008 (Apic) – L’évêque anglican de Taiwan, David Lai, et l’un de ses principaux prêtres se sont déclarés attristés par le fait que les électeurs de l’île n’aient pas réussi à approuver le 22 mars par référendum l’adhésion de Taiwan à l’Organisation des Nations Unies.

Les électeurs étaient invités à se prononcer sur l’adhésion au moyen de deux référendums. L’un d’eux cherchait à obtenir pour l’île le statut de membre de l’ONU sous son nom de Taiwan, et l’autre sous son nom officiel de République de Chine.

Soulignant que la faible participation a fait échouer les deux référendums portant sur l’adhésion de l’île aux Nations Unies, Mgr David Lai a déclaré que «le résultat ne pouvait pas représenter [la volonté] du peuple». «Nous voudrions faire partie de l’ONU», a déclaré l’évêque Lai au correspondant de l’agence de presse oecuménique ENI le 25 mars, lors d’une interview par téléphone. «Nous sommes tristes et déçus par les résultats des référendums. Taiwan apporte sa contribution aux Nations Unies et au monde.»

Referendums invalidés

La Commission électorale centrale taiwanaise (CEC) a annoncé que 35,82 % des électeurs s’étaient déplacés aux urnes pour le référendum sur l’adhésion à l’ONU sous le nom de Taiwan, totalisant 5,8 millions de bulletins valides. Le référendum sur l’adhésion en tant que République de Chine a, quant à lui, mobilisé 35,74 % de l’électorat, soit 5,7 millions de personnes. Pour être validé, un référendum doit avoir reçu la participation d’au moins la moitié des électeurs et une simple majorité des votants permet son adoption.

«Aucun des référendums n’a été validé», a déclaré un porte-parole de la CEC, qui organise et supervise les élections et les référendums. Un des référendums était sponsorisé par le parti au pouvoir et l’autre par le parti d’opposition. L’approbation d’un des deux référendums aurait apporté un soutien à l’entrée de l’île aux Nations Unies.

Pour sa part, le gouvernement de la République populaire de Chine à Pékin a salué l’échec des référendums à Taiwan.

Les référendums ont eu lieu le même jour que l’élection présidentielle taiwanaise, remportée par le candidat du Parti nationaliste, Ma Ying-jeou, qui s’est prononcé en faveur d’un rapprochement des liens économiques et d’un approfondissement des négociations avec la Chine. Le référendum du Parti démocrate progressiste, au pouvoir, proposait que l’île adhère à l’ONU sous le nom de Taiwan, tandis que celui proposé par le Kuomintang (le Parti nationaliste) souhaitait que l’île adhère à l’ONU sous le nom de République de Chine.

Confiance dans une politique multipartite

L’évêque Lai s’est toutefois félicité du résultat du scrutin général, qui a ramené le Kuomintang au pouvoir après avoir été dans l’opposition pendant huit ans. «Comparé à la démocratie de façade affichée en Chine continentale, Taiwan a franchi une nouvelle étape de maturité dans la politique multipartite. C’est un modèle à suivre pour de nombreux pays asiatiques», a-t-il déclaré.

Taiwan était membre des Nations Unies en tant que République de Chine à partir de 1949, lorsque le Kuomintang a perdu la guerre civile chinoise et s’est enfui sur l’île de Taiwan. L’ONU a expulsé Taiwan en 1971 et a accepté à sa place la République populaire de Chine. La République populaire, dirigée par les communistes, est alors devenue membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU aux cotés des quatre autres principales puissances alliées victorieuses de la seconde guerre mondiale : les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et ce qui était alors l’Union soviétique. Les précédentes demandes faites par Taiwan pour réintégrer l’ONU avaient été rejetées. (apic/eni/js)

26 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!