Responsables de la vulnérabilité du continent africain

Nigeria: Mgr John Olorunfemi Onaiyekan déplore le «mauvais leadership» en Afrique

Lagos, 10 novembre 2009 (Apic) Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d’Abuja et président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), a estimé que le «mauvais leadership» et la «mauvaise gestion des ressources» ont contribué de façon majeure à la vulnérabilité du continent africain aux conflits armés et aux conflits religieux.

Mgr Onaiyekan s’exprimait en fin de semaine lors d’un atelier préparatoire de la Commission de l’Union africaine sur le dialogue interreligieux à Abuja. Il a déploré la marginalisation, par les dirigeants africains, des chefs religieux dans «l’édification» des nations et dans la résolution des conflits.

Cité par le quotidien nigérian «This Day», il a ajouté que ces deux caractéristiques (le mauvais leadership et la mauvaise gestion) sont pour beaucoup dans la pauvreté en Afrique, une «triste réalité», alors que le continent possède des ressources abondantes.

Les chefs religieux a-t-il poursuivi, représentent des «ouvertures» pour les gouvernements. Ils peuvent s’impliquer davantage, en raison du rôle que joue la spiritualité dans la vie des Africains. De ce fait, il a appelé les dirigeants africains, à reconnaître le rôle que jouent les chefs religieux dans la société.

A cause des extrémistes, les religions sont présentées de façon négative

L’archevêque d’Abuja a également regretté le fait que les religions soient présentées de façon négative, à cause des activités des extrémistes religieux, tout comme il a dénoncé la manipulation de certains religieux par les politiciens, pour parvenir à leurs fins égoïstes. Pour l’archevêque nigérian, des efforts sont faits pour réunir toutes les religions et les amener à renforcer leur harmonie, au niveau mondial. Dans ce cadre, il a parlé de l’exemple du Conseil interreligieux du Nigeria qui, dans le cadre de sa lutte contre le sida, collabore avec des pasteurs et des imams, en leur distribuant des trousses qui contiennent des homélies et des sermons, favorisant ainsi l’harmonie et la coexistence pacifique entre les Nigérians.

Mgr John Olorunfemi Onaiyekan a rappelé que dans de nombreux pays au monde, la religion a été un motif de conflit. Pour ce faire, il a suggéré de passer de la confrontation au dialogue, dans l’intérêt du continent africain et de celui du reste du monde. Enfin, il a critiqué la presse internationale pour ses reportages négatifs sur l’Afrique, en ne présentant que les conflits, comme au Nigeria. «Elle a donné une connotation religieuse à tous les troubles dans le pays», a conclu le président de la CAN. (apic/ibc/be)

10 novembre 2009 | 14:19
par webmaster@kath.ch
Partagez!