Corée du Sud: Visite historique des principaux responsables religieux en Corée du Nord

Rétablir un dialogue officiel entre les deux pays

Séoul, 22 septembre 2011 (Apic) Les représentants des sept plus importantes religions de Corée du Sud, tous membres de la Conférence coréenne des religions pour la paix (KCRP), se sont envolés le 21 septembre 2011 de Séoul pour Pyongyang, afin d’effectuer une visite historique de quatre jours.

«Les autorités du Nord nous ont invités et le gouvernement du Sud a donné son accord. Nous rencontrerons des responsables politiques et des autorités civiles. Nous espérons que cette visite pourra aider à rétablir un dialogue officiel entre les deux pays», s’est réjoui Mgr Iginus Kim Hee-joong, archevêque catholique de Kwanju et président de la KCRP. «Cette visite historique pourrait jouer un rôle important dans l’amélioration des relations entre les deux pays», a poursuivi le prélat, commentant la réponse du ministère de l’Unification à la demande de la KCRP, lundi dernier.

24 responsables religieux – comprenant des catholiques, des bouddhistes, des protestants, des confucianistes, ou encore des adeptes de cultes autochtones comme le Cheondo-gyo, les bouddhistes won ou le chamanisme -, ont signé une déclaration commune. Leur intention est de «délivrer en Corée du Nord un message de paix des religions et contribuer ainsi à ouvrir une voie pour la réconciliation et la coopération entre les deux Corées», a rapporté Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des missions étrangères de Paris.

La tension entre les deux pays demeure vive depuis que deux incidents meurtriers, en 2010, ont conduit la Corée du Sud à suspendre ses échanges avec Pyongyang. En avril 2010, la corvette sud-coréenne Cheonan a été torpillée. 46 personnes ont trouvé la mort. Une commission d’enquête internationale a attribué l’attaque à la Corée du Nord. En novembre de la même année, la Corée du Nord a bombardé l’île de Yeonpyeong, faisant 4 morts. Séoul avait alors gelé une grande partie des aides humanitaires à destination de son voisin du Nord. De son côté, la communauté internationale a décrété des sanctions contre le pays communiste.

Depuis quelques mois seulement, le président sud-coréen Lee Myung-Bak a accepté, sous la pression des groupes interreligieux et caritatifs du pays, de reprendre les aides alimentaires et humanitaires à la Corée du Nord, où la famine menace à nouveau la population.

Programme de la rencontre

Le programme prévoit la visite de l’église catholique de Changchung et du temple protestant de Pongsu, le 22 septembre. Les responsables religieux rencontrent ensuite des membres du «North Korean Council of Religionists», unique organisme officiel censé représenter les différentes religions en République populaire démocratique de Corée (RPDC), et son président Samuel Jang Jae-on. La journée du 23 septembre sera consacrée à un temps de prière pour la paix au mont Baekdusan, considéré comme le berceau de la civilisation coréenne.

Ce séjour officiel de la délégation interreligieuse sud-coréenne a été précédé, début septembre, par la visite de 37 membres de l’Ordre Jogye, la plus importante dénomination bouddhiste de Corée du Sud, accompagnés de leur responsable, le ’vénérable’ Jaseung.

Parallèlement à la reprise des relations interreligieuses entre les deux pays, une rencontre capitale se joue, à Pékin le 22 septembre, où le négociateur sud-coréen pour la Corée du Sud, Wi Sung-lac, et son homologue nord-coréen, Ri Yong-Ho, tentent de relancer les pourparlers sur la dénucléarisation de la RPDC, interrompus depuis près de trois ans. Cette réunion est la dernière d’une série de tentatives effectuées ces derniers mois afin de ramener le pays communiste à la table des négociations avec la Chine, les deux Corées, les Etats-Unis, le Japon et la Russie. (apic/eda/ggc)

22 septembre 2011 | 16:22
par webmaster@kath.ch
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