«Retrouver le chemin du dialogue»

France: Les religions ne peuvent craindre une laïcité «juste et ouverte», selon le pape

Rome, 26 mars 2011 (Apic) Dans un message vidéo diffusé au soir du 25 mars 2011, à Paris (France), Benoît XVI a déclaré que les religions ne pouvaient avoir peur d’une laïcité «juste et ouverte». Le pape a aussi invité les jeunes à «faire tomber les barrières de la peur de l’autre, de l’étranger». Au terme des deux journées de conférences du «Parvis des Gentils» – initiative vaticane de dialogue avec les non croyants -, le pape a encore demandé aux jeunes «croyants et non croyants», de France et d’Europe, de retrouver «le chemin du dialogue», a rapporté l’agence I.MEDIA, le même jour.

Benoît XVI est apparu sur grand écran, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le pape était assis derrière le grand bureau de sa bibliothèque, dans le Palais apostolique du Vatican. Dans un message en français, le souverain pontife a appelé «croyants et incroyants à construire des ponts», après avoir souligné que «la question de Dieu n’est pas un danger pour la société et ne met pas en péril la vie humaine». Le pape a aussi reconnu aux non croyants le droit d’exiger des croyants «le témoignage d’une vie, qui soit en conformité avec ce qu’ils professent» et de refuser «toute déviation de la religion qui la rendrait inhumaine».

«Il vous appartient, chers jeunes, de faire que dans votre pays et en Europe, croyants et non croyants retrouvent le chemin du dialogue. Les religions ne peuvent avoir peur d’une juste laïcité, d’une laïcité ouverte, qui permette à chacun et à chacune de vivre ce qu’il croit, en conformité avec sa conscience». Des propos qui intervienennt alors que le gouvernement français s’apprête à ouvrir un débat, contesté, sur la laïcité.

«S’il s’agit de bâtir un monde de liberté, d’égalité et de fraternité, croyants et non croyants doivent se sentir libres de l’être, égaux dans leurs droits de vivre leur vie personnelle et communautaire en fidélité à leurs convictions», a encore dit Benoît XVI. Pour le pape, l’une des raisons d’être du tout nouveau «Parvis des Gentils» est d’œuvrer pour cette fraternité au-delà des convictions, mais sans en nier les différences.

La peur de l’autre

«Contribuez à faire tomber les barrières de la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui ne vous ressemble pas, peur qui naît souvent de l’ignorance mutuelle, du scepticisme ou de l’indifférence», a ensuite demandé le pape. «Devenez attentifs à resserrer les liens avec tous les jeunes sans distinction, c’est-à-dire en n’oubliant pas ceux qui vivent dans la pauvreté ou la solitude, ceux qui souffrent du chômage, traversent la maladie ou se sentent en marge de la société».

Au terme de ce message enregistré quelques jours auparavant au Vatican, Benoît XVI a invité les jeunes, «croyants et non croyants», à entrer dans la cathédrale Notre-Dame pour un moment de prière. Une prière adressée pour certains à un Dieu qu’ils connaissent dans la foi, et pour d’autres à un Dieu inconnu.

La fête dite du «Parvis de l’inconnu», devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, a conclu deux journées de conférences, auxquelles participaient des intellectuels croyants et non croyants, organisées en de hauts lieux de la capitale française: le siège de l’Unesco, l’Université de la Sorbonne, l’Institut de France et le Collège des Bernardins. Les cardinaux André Vingt-Trois et Gianfranco Ravasi, respectivement archevêque de Paris et président du Conseil pontifical de la culture, étant présents, avec plusieurs évêques de la région parisienne.

Après le lancement de ces journées à Paris, l’initiative vaticane du «Parvis des Gentils» se poursuivra en octobre prochain à Tirana (Albanie), mais aussi, en 2012 et 2013, dans des villes comme Stockholm (Suède), Prague (République tchèque), Genève (Suisse), Moscou (Russie) ou Chicago (Etats-Unis). (apic/imedia/ami/lb/nd)

26 mars 2011 | 09:34
par webmaster@kath.ch
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