(Re)Voir la messe en hommage aux victimes de Crans-Montana
Mgr Jean-Marie Lovey a présidé la messe célébrée en hommages aux victimes de l’incendie du Nouvel An en la chapelle Saint-Christophe de Crans dans la matinée de ce 4 janvier 2025. Entouré de plusieurs évêques et de responsables de l’Eglise réformée valaisanne et suisse, l’évêque de Sion a également prêché la messe. cath.ch vous propose l’homélie de Mgr Lovey et la possibilité de voir ou revoir la messe de ce matin.
La chapelle Saint-Christophe était comble et plus d’une centaine de personnes ont suivi la messe à l’extérieur. Entourant Mgr Lovey, Mgr Charles Morerod, évêque de LGF et président de la Conférence des évêques suisse (CES), Mgr Joseph Maria Bonnemain, évêque de Coire et vice-président de la CES, Mgr Alain de Raemy, évêque des jeunes, et Mgr Alexandre Ineichen, abbé de St-Maurice ont concélébré la messe.
Dans une ambiance recueillie et emprunte de tristesse, l’évêque de Sion a salué la présence du pasteur de Montana Guy Liager, le président du Conseil synodal valaisan Stephan Kronbichler et le président du Synode suisse Gilles Cavin. La chorale de la paroisse de Chermignon a animé la célébration. Une marche silencieuse rassemblant plusieurs dizaines de personne a suivi la messe.
La messe est commentée par Matthias Wirz, journaliste de RTS religion, et Gabriel de Weck journaliset à la RTS
Revoir la messe sur RTS religion
Retrouvez l’homélie de Mgr Jean-Marie Lovey:
04 01 2026, Crans.
Is 60, 1-6 | Eph 3, 2-6 | Crans, Mt 2, 1-12.
Frères et sœurs, chers paroissiens, chers amis,
Lève les yeux et regarde, tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi (Is 60, 4). Montana est devenue comme la Jérusalem dont nous parle Isaïe ce matin et cela, en considération de la convergence des regards. Les objectifs des médias du monde entier sont braqués sur notre station. Merci à eux de solliciter la compassion dont les familles des victimes, blessées ou défuntes ont tellement besoin ! Sur les ténèbres qui couvrent la terre, sur la nuée obscure qui couvre les peuples, le prophète de l’Ancien Testament voyait se lever une lumière. Par lui nous reforgeons notre foi qui proclame envers et contre tout que l’homme n’est pas fait pour la nuit, la mort et les ténèbres obscures. C’est la lumière que son cœur cherche comme ces nations (du temps du prophète Isaïe), qui avancent vers la clarté d’une aurore nouvelle (Is 60, 4).
Les Mages de l’Evangile sont eux aussi en route, à la recherche ; ils se sont laissé déranger à l’appel mystérieux d’un astre, d’une Lumière tantôt visible tantôt disparue. Et lorsque c’est l’éclipse, ils sentent le besoin de s’informer : où est le roi qui vient de naître, nous avons vu son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui (Mt 2, 2). Le Roi Hérode et tout Jérusalem avec lui sont bouleversés. Notre bouleversement, à nous, nous vient du drame de ce terrible incendie le leur a une toute autre raison. Ils sont bouleversés d’apprendre qu’il y a quelque part une lumière capable de déplacer les repères des Mages et d’orienter leur vie.
Il nous faut, ensemble, aujourd’hui demander la grâce d’être, à notre tour nous des guetteurs de lumière. Face à l’éclipse qui assombrit le ciel dans notre Canton, notre pays il est insupportable pour tant de familles, tant de personnes de demeurer dans l’obscurité de la souffrance ou de la mort, dans le noir du non-sens. La question d’une lumière qui attire et qui éclaire devient capitale. Elle est au centre de notre quête, de notre interrogation : Qui nous fera voir la lumière ? En réalité, chacun apporte une part indispensable.
Les sauveteurs, ambulanciers, personnel hospitalier, la police, les pompiers, les autorités politiques, judiciaires, tous ceux qui se sont engagés avec professionnalisme et grande générosité apportent des éléments qui nous aident peu à peu à voir plus clair. Mais une fois renseignés, les mages sont repartis. Et c’est d’avoir repris la route qui leur a permis de constater que l’étoile qu’ils avait vu en orient les précédait. Cette lumière leur venait d’ailleurs. Cette lumière c’est Dieu sur leur chemin. Ainsi, lorsqu’ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie (Mt 2, 10). Cette lumière ouvrait leur avenir, ainsi ils reprennent avec confiance et espérance leur chemin jusqu’à la découverte de l’Enfant -Dieu.
Et c’est alors, alors seulement, après avoir rencontré de façon tellement simple et réaliste l’enfant, qu’ils allèrent chercher dans leurs trésors intérieurs ce qu’ils avaient de meilleur. Devant l’enfant reconnu comme leur Dieu et donc prosternés à ses pieds, les Mages laissent jaillir tout ce qu’ils ont en eux. La richesse de leur être : franc comme de l’or. La bonne odeur d’une vie qui se répand comme un encens à la gloire de leur Dieu ; et la douceur de leur miséricorde déposée comme un onguent de myrrhe sur les blessures rencontrées en chemin.
Chacun de nous possède ses propres réserves d’or d’encens et de myrrhe. Cherchons à savoir en quoi elles consistent ? Puis regardons où nous les tenons en réserve. Et nous les déverserons devant Dieu, sachant que Dieu n’est pas ailleurs que là où un enfant de cette terre souffre. Nous en avons tout plein autour de nous, ils sont là, sur notre chemin !
Le récit de l’évangile de ce jour nous dit que les mages retournèrent dans leur pays par un autre chemin (v.12). Il y a là une indication pour notre vie. Nous ne pourrons pas retourner à notre vie quotidienne sans prendre dans notre compassion toutes les personnes concernées par le drame de Montana. Pour toutes les personnes qui ont perdu un enfant, un frère, une sœur, une amie, leur chemin ne sera plus jamais le même. Vous aurez, chers amis, à rejoindre votre quotidien par un autre chemin. La prière de cette assemblée en célébration, l’amitié qui se nourrit de rencontres, mais aussi la rencontre avec le Christ Jésus devenu l’un de nous, tout vous sera lumière sur votre route, manifestation de la présence divine. Que la clarté d’en haut nous devance toujours et partout.
AMEN
+ Jean-Marie Lovey





