«Rien n’a changé sur le fond de la doctrine»

Rome: Le cardinal Barbarin s’exprime sur Benoît VXI et le préservatif

Rome, 23 novembre 2010 (Apic) Pour le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon (France), «rien n’a changé sur le fond de la doctrine» après la publication dans la presse mondiale de propos de Benoît XVI admettant l’utilisation du préservatif «dans certains cas» en matière de lutte contre le Sida. Dans une interview accordée à l’agence vaticane I.MEDIA le 22 novembre, le Primat des Gaules note pourtant avec étonnement que ceux qui voyaient dans le pape un «assassin» il y a 20 mois l’applaudissent aujourd’hui.

«C’est un sujet brûlant. Dès que le mot préservatif apparaît, tout le monde prend feu», note le cardinal Philippe Barbarin. «Cette fois-ci, poursuit l’archevêque de Lyon, les gens vont applaudir le pape sans avoir analysé son livre. De même que, lors de son voyage au Cameroun, ils l’avaient traité d’assassin, sans avoir lu ce qu’il avait dit».

Le haut prélat français fait allusion aux déclarations du pape, dans l’avion qui le menait au Cameroun, en mars 2009. «Le pape n’avait pas condamné l’utilisation du préservatif. Il avait jugé que la distribution générale sans autre forme d’éducation n’améliore pas la situation, mais l’aggrave plutôt». «Les gens ne font pas attention à ce que dit exactement le pape, renchérit le cardinal Barbarin. Cette fois-ci, il aura une bonne note».

«Mais est-ce vraiment l’important? s’interroge encore l’archevêque de Lyon. Il existe en fait une espèce de caisse de résonance qui fait que, dès que le pape utilise le mot préservatif, on n’écoute pas sa pensée. Il faut qu’il soit pour ou contre». «C’est de l’information en noir et blanc, regrette-il encore. Pourtant, rien n’a changé sur le fond de la doctrine».

Ce que disait Mgr Lustiger, il y a 20 ans…

Dans le livre d’entretiens «Lumière du monde» à paraître dès le 23 novembre, le pape a fait entendre des nuances, car «les situations humaines sont parfois très complexes», note le cardinal. Benoît XVI y encourage à vivre une sexualité responsable, plus humaine et qui soit «un chemin vers l’amour».

Le Primat des Gaules explique que, pour le pape, l’utilisation du préservatif pour les porteurs du virus du Sida, n’est acceptée que si elle peut être «un premier pas vers un progrès moral». «Ce que dit le pape, c’est ce qu’affirmait le cardinal Lustiger il y a 20 ans: ’si vous ne voulez pas être des saints, au moins ne devenez pas des assassins’ «. (apic/imedia/ami/nd)

23 novembre 2010 | 09:19
par webmaster@kath.ch
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