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Rite tridentin: «Deux messes édifient deux cités», dit la FSSPX

Le motu proprio du pape François Traditionis custodes a provoqué de profonds remous dans la sphère traditionaliste. A priori pas concernée par le décret puisque toujours séparée de Rome, la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) réagit à son tour… Pour rejoindre largement l’analyse du pape François. «Deux messes édifient deux cités», souligne le supérieur général de la FSSPX.

Pourquoi la messe tridentine est-elle devenue un signe de contradiction à l’intérieur même de l’Église? s’interroge l’abbé Davide Pagliarani, dans une lettre aux fidèles datée du 22 juillet 2021. Pour le supérieur général de la FFSPX, la réponse est simple: «la messe tridentine exprime et véhicule une conception de la vie chrétienne et, par conséquent, une conception de l’Église qui est absolument incompatible avec l’ecclésiologie issue du concile Vatican II. Le problème n’est pas simplement liturgique, esthétique, ou purement formel. Le problème est à la fois doctrinal, moral, spirituel, ecclésiologique et liturgique. En un mot, c’est un problème qui touche tous les aspects de la vie de l’Église, sans exception: c’est une question de foi.»

Alors que la Fraternité Saint-Pierre réaffirme sa loyauté au pontife romain et en même temps son attachement à ›la messe de toujours’, l’avis de la FSSPX a le mérite de la clarté. L’analyse de l’abbé Pagliarani rejoint en fin de compte celle du pape François qui refuse de voir se former une Eglise parallèle. « Ces mesures assez claires et nettes ne touchent pas directement la Fraternité Saint-Pie X, mais elles doivent être pour nous l’occasion d’une réflexion profonde.»

Un combat contre les forces du mal 

Sans surprise, le supérieur de la FSSPX choisit son camp: «la messe de toujours, étendard d’une Église qui défie le monde et qui est certaine de la victoire, car sa bataille n’est autre que la continuation de celle que Notre-Seigneur a menée pour détruire le péché et le royaume de Satan.[…] De tout cela découle une conception foncièrement militante de la vie chrétienne.»

Une lutte pour un monde meilleur

Quand à la messe de Paul VI, elle est la mère de tous les vices: «expression authentique d’une Église qui se veut en harmonie avec le monde, qui prête l’oreille aux instances du monde; une Église qui, en définitive, n’a plus à combattre contre le monde parce qu’elle n’a plus rien à lui reprocher; une Église qui n’a plus rien à enseigner […] une Église qui n’a plus pour mission de restaurer la royauté universelle de Notre-Seigneur, puisqu’elle veut apporter sa contribution à l’élaboration d’un monde meilleur, plus libre, plus égalitaire, plus éco-responsable; et tout cela avec des moyens purement humains.»

Choisir la foi catholique intégrale

«La bataille de ces cinquante dernières années, qui vient de connaître, le 16 juillet dernier, un moment certainement significatif, n’est pas la guerre entre deux rites: elle est bel et bien la guerre entre deux conceptions différentes et opposées de l’Église. […] Paraphrasant saint Augustin, on pourrait dire que deux messes édifient deux cités : la messe de toujours a édifié la cité chrétienne, la nouvelle messe cherche à édifier la cité humaniste et laïque.»

L’abbé Pagliarani conclut par un appel direct au ralliement des déçus. «La Fraternité Saint-Pie X a le devoir d’aider toutes ces âmes qui se trouvent actuellement dans la consternation et le désarroi. Tout d’abord, nous avons le devoir de leur offrir, par les faits, la certitude que la Messe tridentine ne pourra jamais disparaître de la face de la terre: il s’agit d’un signe d’espérance extrêmement nécessaire. […] De plus, il faut que chacun de nous, prêtre ou fidèle, leur tende une main secourable», conclut le prélat. (cath.ch/com/mp)

L'évêque intégriste Mgr Bernard Fellay, lors d'une ordination à Ecône | © Jacques Berset
23 juillet 2021 | 12:21
par Maurice Page
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