Condamnée à rester couchée, elle s’est mise à marcher

Romandie : Une Neuchâteloise miraculée dit merci à Lourdes

Jean-Brice Willemin, responsable de l’information catholique en Pays de Vaud

Lourdes, 12 mai 2006 (Apic) Hospitalisée dans l’unité de soins du pèlerinage de Lourdes, Laurence Pralong, de Fleurier, nous a raconté son destin miraculeux depuis qu’elle est malade du cancer. C’était une heure avant d’aller recevoir l’onction des malades administrée par des dizaines de prêtres romands à plus de 300 souffrants.

«Pour la première fois, je viens à Lourdes remercier la Force qui m’aide», explique la Neuchâteloise Laurence Pralong en souriant chaleureusement. «Depuis que je marche à nouveau, alors que j’étais condamnée il y a peu à rester sur un lit jusqu’à la fin de mes jours, je bouillais d’impatience de venir au pèlerinage et je suis contente d’y être venue. Je me suis baignée dans des piscines d’eau glacée, j’ai été baladée en charrette aux processions mariales et je souris à tous ces gens debout, sérieux, nous considérant comme de pauvres gens.»

Cette femme franche et directe lutte contre un cancer depuis seize ans et se promène maquillée, dans un look jeune et pimpant, dans le sanctuaire. «J’ai des métastases sur des organes vitaux depuis 1999 et je me tiens maintenant debout. C’est un miracle pour moi, après m’être cassé le bassin il y a dix-huit mois. Une opération difficile m’a remise sur pied et il me fallait venir ici, malgré une nouvelle chimio.»

Le chiffre 7, l’amour et la mort

Laurence Pralong confie que sa maladie lui a apporté énormément sur le plan humain. «Cela me permet de donner toujours plus aux autres. Et à la table 7 où je mange avec six autres patients, des infirmes moteurs cérébraux, j’ai des entretiens magnifiques avec ceux avec qui je suis restée manger toute la semaine. Nous sommes sept – un chiffre peut-être magique – et j’ai la chance d’y finir toujours les bouteilles. Cela n’annonce-t-il de nouveaux amours», se marre-t-elle.

La Neuchâteloise prendrait-elle la mort qui menace pour quantité négligeable? «Pas du tout. J’aborde la question très franchement avec mes amis et connaissances. Certains ne supportent pas de m’entendre demander un cercueil jaune quand je décéderai.» Cette catholique nous quitte pour rejoindre la charrette qui la transportera à l’église pour l’onction des malades, célébration solennelle pour tous les Suisses.

Dieu ne manipule pas la souffrance

Dans son homélie, le prédicateur jurassien Bernard Miserez s’est exprimé sur la question du mal: «C’est un scandale et il est blasphématoire de dire que Dieu manipule la souffrance comme un instrument.» Alors comment y répondre? «En se laissant inspirer par Jésus, le compagnon de l’épreuve, pas le commanditaire du mal. Le bien portant doit ainsi savoir que le souffrant l’attend, sans pouvoir le formuler.» En recevant ensuite l’huile de l’onction des mains des prêtres, les malades sont invités à entendre le cri de Dieu qui dit: «Ne désespérez pas».

A Lourdes, beaucoup reprennent espoir et repartent gonflés à bloc, parfois tellement excités que leurs maladies deviennent virulentes pour quelques heures, ont constaté les médecins vingt-quatre heures avant le retour en Suisse. Mais ils veillent au grain avec du personnel infirmier et des hospitaliers. (apic/jbw/bb)

12 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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