Absence de valeurs et profondes interrogations
Rome: 10ème symposium des évêques européens
Rome, 25 avril 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a encouragé jeudi les évêques d’Europe à poursuivre leur travail commun pour faire face «aux drames de l’humanité», en recevant au Vatican les participants au 10ème symposium des évêques européens qui se déroule à Rome du 24 au 28 avril. Ce rassemblement est promu par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe, le CCEE.
«Face à l’absence de valeurs et aux profondes interrogations existentielles qui interpellent la société actuelle, nous devons proclamer et témoigner que le Christ a pris sur soi les demandes, les attentes et même les drames de l’humanité de chaque époque», a déclaré Jean Paul II dans son discours. Pour le pape, l’Europe a en effet besoin «de rencontrer ce Dieu de toute urgence». C’est pourquoi il a particulièrement invité les évêques à présenter aux jeunes «un Dieu qui a voulu entrer dans les blessures de l’histoire par amour».
Une centaine d’évêques, parmi lesquels les présidents des Conférences épiscopales d’Europe, certains préfets des dicastères romains, et des évêques venant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, sont présents à la rencontre. Par ailleurs, pour la première fois, une trentaine de jeunes choisis par les Conférences épiscopales d’Europe participent également aux travaux.
Le symposium se terminera par la rédaction d’un message final qui comprendra en particulier une déclaration faite par les jeunes dans laquelle seront pris une série d’engagements.
Encadré
Les responsables du CCEE présentent l’enjeu du symposium
«Face aux attentes, aux désillusions, aux tourments des jeunes en Europe en ce début de troisième millénaire, nous voulons créer ce laboratoire de la foi, lieu d’échange entre les évêques et les jeunes» a déclaré Mgr Amédée Grab, évêque de Coire, en Suisse, et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe.
Répondant aux questions des journalistes à l’occasion d’une conférence de presse, il a présenté l’enjeu du 10ème symposium des évêques européens, avec les deux vice-présidents du CCEE.
Pour le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster et l’un des deux vice-présidents, ce symposium veut «aider les évêques à comprendre comment les jeunes vivent aujourd’hui dans une société post-moderne» et quelles sont leurs attentes auxquelles l’Eglise pourrait répondre. «Nous, évêques européens, nous voulons également être écoutés et compris par les jeunes du XXIème siècle», a-t-il toutefois ajouté.
L’autre vice-président du CCEE, Mgr Jozip Bosanic, archevêque de Zagreb en Croatie, a pour sa part souligné que si «tous les pays regardent l’Europe comme la maison commune, tous ne sont pas en Europe de la même manière». Il a alors insisté sur l’importance de permettre à tous les jeunes, notamment ceux des pays de l’Est, «d’expérimenter cette communion, et d’être les vrais promoteurs d’une communion réelle au sein du continent européen».
Interrogé sur la manière de former les jeunes à un esprit critique, face à l’individualisme, mais aussi aux dérives de la société comme la montée des extrémismes, Mgr Grab par ailleurs insisté pour que «les chrétiens maintiennent la distinction entre l’exigence d’une foi unique et les opinions différentes». «On ne peut pas avoir tous la même idée ni faire partie d’un même parti politique», a-t-il ajouté, précisant que «l’Eglise ne peut donner que des grandes lignes».
Parmi celles-ci, «l’importance de communiquer aux croyants l’unité et la communion contre les dérives» est la principale, indique l’évêque suisse. «Là où il y a le racisme, la haine et le mépris d’une race ou d’un peuple, le chrétien doit réagir», a-t-il conclu, demandant toutefois à s’attaquer d’abord aux racines de ces dérives «qui ont pour origine des données économiques et statistiques». (apic/imed/pr)



