Rome: 3e congrégation du Synode des évêques pour l’Asie
«Mea culpa»de l’Eglise japonaise
Rome 21 avril 1998 (APIC) Le Synode des évêques pour l’Asie s’est poursuivi mardi matin avec les interventions des évêques. Deux d’entre elles ont retenu particulièrement l’attention. celle de Mgr Hamao évêque de Yokahama sur l’attitude de l’Eglise japonaise pendant la dernière guerre et celle du cardinal Gantin sur les relations entre l’Asie et l’Afrique.
L’Eglise du Japon n’a pas «réalisé» ni «proclamé courageusement» combien la guerre était «inhumaine» et en désaccord «avec les valeurs de l’Evangile», et n’a pas ainsi joué son rôle «prophétique», a souligné Mgr Stephen Fumio Hamao, évêque de Yokohama. L’évêque japonais a évoqué les deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 qui ont anéanti chacune des centaines de milliers de vies en un instant. «Nous, Japonais, sommes victimes de la guerre, mais nous avons été en même temps des agresseurs qui ont piétiné la vie des gens dans de nombreuses régions de l’Asie et du Pacifique», reconnaît-il. L’Eglise à l’époque a manqué à son rôle prophétique de témoigner de la volonté de Dieu de protéger la vie humaine.
Mgr Hamao en tire la leçon pour la paix aujourd’hui où le monde est devenu un «village global». La paix est un don, le fruit d’une communauté humaine saine. La paix est le don final, le résultat de l’intégration mûrie de la loyauté, la justice, l’amour, la vérité, la liberté et le respect de tous. (…) La paix ne survient jamais de façon isolée».
Coopération missionnaire entre l’Asie et l’Afrique
Une autre intervention remarquée, celle du cardinal Bernardin Gantin, préfet de la congrégation pour les Evêques. Il a remercié les Eglises d’Asie pour leur solidarité missionnaire avec l’Afrique. «La coopération missionnaire avec les Eglises pauvres est plus que jamais souhaitée», a-t-il ajouté.
Le cardinal a également souligné que «l’expérience missionnaire» de l’Asie et la «préparation culturelle» des Asiatiques en contact avec l’Islam pourrait «répondre à l’appel urgent et angoissé du Maghreb» avec l’injection de «forces neuves sacerdotales et religieuses». Et il lance un «SOS missionnaire» aux Eglises d’Asie en faveur de celles du Maghreb.
Enfin, «Pourquoi ne pas faire de ce synode pour l’Asie un deuxième «Bandoung», (Conférence des pays non-alignés ndlr) en non politique mais ecclésial?», lance le préfet en précisant: «En 1955, ce sommet de la décolonisation universelle fut retentissant et remarqué par le monde entier. (…) Au point de vue chrétien un seul peut nous garantir la liberté, la vraie et totale liberté, c’est le Christ, sauveur de l’humanité». (apic/imed/mp)



