L’Italie et le Saint-Siège le célèbrent sur fond de crise

Rome: 78e anniversaire de la naissance de l’Etat de la Cité du Vatican

Rome, 16 février 2007 (Apic) Comme le veut la tradition, certaines des plus hautes autorités italiennes et du Saint-Siège se retrouveront, le 19 février 2007, pour marquer l’anniversaire de la signature, le 11 février 1929, des traités du Latran et du concordat, créant l’Etat de la Cité du Vatican et réglant l’organisation des rapports entre les deux Etats.

La traditionnelle réception organisée à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège se déroulera cette année sur fond de polémiques après les interventions du Saint-Siège et de l’Eglise italienne sur les questions de l’euthanasie et de reconnaissance des unions de faits par le gouvernement.

Les délégations, respectivement conduites par le président du Conseil italien, Romano Prodi, et le cardinal secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Tarcisio Bertone, se rencontreront ainsi dans l’après-midi le 19 février à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, au nord de Rome. Selon un communiqué du ministère italien des Affaires étrangères, les deux délégations se rencontreront dans un premier temps pendant une demi-heure pour évoquer «les questions politiques générales, les problèmes concordataires et d’autres thèmes bilatéraux d’actualité». Le chef du gouvernement italien sera alors accompagné des deux vice-premiers ministres, Francesco Rutelli et Massimo D’Alema.

Dans un deuxième temps, la cérémonie accueillera aussi le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, le président de la Chambre des députés Fausto Bertinotti et celui du Sénat, Franco Marini. Une rencontre à huis clos entre le secrétaire d’Etat du Saint-Siège et le président italien pourrait aussi avoir lieu.

Cette cérémonie officielle, où la presse a l’habitude de récolter de ’petites phrases’, se tient dans un contexte politique tendu. L’Eglise catholique italienne lutte ouvertement contre le projet de loi adopté par le gouvernement le 8 février dernier sur ’les droits des personnes vivant en couplé. Baptisé ’Dico’ (Diritti dei conviventi, droits des concubins), celui-ci reconnaît les couples homosexuels ainsi que les couples hétérosexuels non mariés et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière d’héritage ou de couverture sociale.

Par ailleurs, l’Eglise italienne a récemment réaffirmé son opposition à l’euthanasie. A Noël, l’Italie s’est en effet divisée sur le cas de Piergiorgio Welby, un homme atteint d’une dystrophie musculaire. A sa demande, le 20 décembre dernier, un médecin a débranché son respirateur artificiel. L’Eglise lui a refusé des obsèques religieuses.

Ainsi, en réaction à ce qui est vu par certains comme une ingérence de l’Eglise catholique dans les affaires politiques italiennes, des politiciens de la majorité de gauche en viennent à demander l’abolition du concordat.

En réponse, «L’Osservatore Romano» a récemment réaffirmé la validité du concordat, signé en 1929 et révisé en 1984, présenté comme «solide, capable de durer dans le temps (.) loyal, pleinement cohérent» et appliqué dans «un esprit de respect et de collaboration mutuel». Giuseppe Balboni Acqua, ambassadeur d’Italie près le Saint-Siège, a aussi tenté de calmer le jeu en affirmant que les relations bilatérales sont «excellentes».

A ce contexte, il faut ajouter les changements d’états-majors aussi bien en Italie qu’au Vatican. Si Romano Prodi, élu en mai 2006, et le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat depuis septembre dernier, se connaissent depuis longtemps, Benoît XVI a aussi nommé, le 11 janvier 2007, Mgr Giuseppe Bertello nouveau nonce en Italie en remplacement de Mgr Paolo Romeo, nommé archevêque de Palerme (Italie). (apic/imedia/ami/hy/pr)

16 février 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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