Rome: «Action urgente» pour mettre fin à la violence contre les immigrants

Le Saint-Siège réclame un dialogue multilatéral

Rome, 3 juin 2008 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, a invité à une «action urgente» pour mettre fin notamment aux «nationalismes exaspérés» ou à la «violence contre les immigrants».

C’est ce qu’il a affirmé le 3 juin 2008 dans le discours d’ouverture du Congrès des délégués des commissions épiscopales pour les migrations réunis à Nairobi (Kenya) du 2 au 5 juin 2008 sur le thème «Pour une meilleure pastorale des migrants et des réfugiés en Afrique, à l’aube du 3e millénaire».

La veille, Mgr Agostino Marchetto, secrétaire de ce même dicastère, avait lancé un appel pour une Afrique «oubliée» et dans le besoin. Pour le cardinal Martino, on ne peut plus «parler de migration humaine tout en ignorant en même temps les causes et leurs sources, et les conséquences socioculturelles qui en résultent». «Ces causes primaires et les implications sociales comprennent une liste longue et effrayante qui exige une action urgente : pauvretés extrêmes, déséquilibres démographiques, nationalismes exaspérés, chômage, interdépendance économique, hostilité et violence contre les immigrants, les réfugiés et les étrangers en général», a-t-il ajouté.

Un problème à considérer dans toute sa complexité

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a également regretté que se dégage «l’impression que les phénomènes de la migration ne sont pas considérés dans leur complexité». A ses yeux, «des politiciens et des administrateurs de l’Etat concentrent leur attention presque exclusivement sur les stratégies et sur les mécanismes de contrôle et d’arrêt de ces mouvements des peuples». Le cardinal italien a aussi regretté le récit des médias dans lequel, selon lui, on peut «souvent détecter une tendance à souligner les aspects plus dramatiques de ce coût social et humain, c’est-à-dire la mort, la criminalité, la prostitution, le terrorisme politique, l’extrême pauvreté et les réactions sociales violentes ou xénophobes conséquentes liées aux migrations».

La veille, le 2 juin, sur Radio Vatican, Mgr Marchetto avait souhaité lancer un appel «en faveur de l’Afrique – un continent en général oublié et qui a tellement besoin d’aide -, en faveur des migrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile et des expatriés, des personnes sujettes au trafic d’êtres humains, des enfants soldats et des travailleurs forcés, des apatrides».

Nécessité d’un dialogue multilatéral

«Les habitants des pays du tiers-monde, ainsi que les Européens, ne devraient pas être privés de leur liberté personnelle ou sujets à des peines de détention à cause d’une infraction administrative», a-t-il ajouté, alors que l’Italie vient par exemple de créer le délit d’immigration clandestine. Le prélat ainsi souhaité, «en Italie mais pas seulement, naturellement, un équilibre entre sécurité et accueil». «Nous pouvons aujourd’hui développer ce souhait en introduisant la solidarité, le sens de l’homme et la justice». «Les gouvernements ont leur compétence en tout cela, avec un dialogue multilatéral, parce que personne aujourd’hui ne peut résoudre des questions aussi complexes unilatéralement», a-t-il ajouté.

Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a enfin regretté que l’Afrique, associée il y a 40 ans «à l’espérance humaine», soit aujourd’hui associée «à la souffrance». (apic/imedia/ms/js)

3 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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