Rien n’a filtré au Vatican

Rome: Affaire des prêts illégaux à Naples, le cardinal Giordano chez le pape

Rome, 4 septembre 1998 (APIC) Le cardinal Michele Giordano, archevêque de Naples, fait l’objet d’une enquête dans le cadre de l’affaire des prêts usuriers illégaux dans la région de la Basilicate. A la surprise des observateurs, il a été reçu vendredi par le pape à Castelgandolfo, vraisemblablement pour y donner sa version des faits. Le Vatican n’a émis aucun communiqué. Il observe une stricte réserve dans cette affaire.

A la suite de sa protestation orale auprès de l’ambassade italienne au Vatican pour la façon dont a été traité le cardinal et les éventuelles violations du Concordat qui le lie à l’Italie, le Saint-Siège a reçu mercredi une réponse du gouvernement italien. Celle-ci est «à l’examen» à l’heure actuelle, selon un communiqué du Vatican. C’est la raison de l’audience du vendredi 4 septembre.

Jeudi, «L’Avvenire», le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, a laissé entendre que le Concordat, selon le gouvernement, n’avait pas été violé par les procédures employées par les magistrats de Lagonegro dans leur enquête sur les comptes de la curie napolitaine. Le gouvernement serait d’accord avec le Saint-Siège pour mettre en place une Commission paritaire qui permettrait le dialogue en cas de divergence d’interprétation de la lettre du Concordat. En effet, selon «La Stampa», le Vatican aurait fait remarquer qu’un «avis de garantie» peut suffire à détruire la réputation d’une personne innocente et qu’un aménagement de la loi est nécessaire pour éviter de tels cas.

Le prélat avait protesté en particulier contre le fait qu’il a appris l’»avis de garantie» émis par la magistrature par voie de presse, avant qu’il ne lui soit notifié personnellement. Le Saint-Siège n’en a pas non plus été averti au préalable. Le cardinal Giordano a protesté en outre contre la mise sur écoute de sa ligne téléphonique depuis le mois de mai.

L’avocat de la défense, Me Enrico Truccillo, a affirmé que l’argent utilisé par le cardinal provient de son patrimoine personnel et en aucun cas des contributions des fidèles. Selon «L’Avvenire», qui cite l’avocat, l’argent a été utilisé pour aider son frère, Mario Lucio, qui se débattait dans de graves difficultés financières. (apic/imed/ab)

4 septembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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