Intervention de Mgr Zenari dans le cadre de l’OSCE

Rome: Amertume du Vatican après le vote de la nouvelle législation religieuse en Russie

Rome, 26 septembre 1997 (APIC) C’est dans le cadre du Conseil Permanent pour l’Organisation de la Sécurité en Europe (OSCE) à Vienne que le Vatican a choisi d’exprimer jeudi son «amertume» suite à l’adoption de la nouvelle loi sur la liberté religieuse en Russie.

«Le Saint-Siège a appris avec amertume l’approbation par la Douma et par le Conseil de la Fédération de la loi sur la liberté religieuse dans la Fédération Russe», a déclaré Mgr Mario Zenari, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’organisation. Il a regretté que les observations faites en son temps par Jean-Paul II au président Eltsine et les interventions du nonce apostolique et de l’administrateur apostolique pour la Russie Européenne «n’ont pas été suffisamment prises en considération».

Le Saint-Siège, a précisé le diplomate, est préoccupé par l’article 27 de cette loi et par le processus bureaucratique nécessaire à l’inscription des communautés religieuses non-orthodoxes, «qui selon ce texte, subissent des discriminations et sont exposées à l’arbitraire des fonctionnaires locaux».

Le Saint-Siège rejoint ainsi ceux qui se plaignent de ce nouveau pas, «qui ne représente certainement pas un progrès sur le chemin de la convivialité religieuse dans cette grande nation», a-t-il ajouté, en rappelant que «le président russe lui-même avait renvoyé le projet de loi, il y a quelques mois après avoir pourtant fait remarquer son manque de cohérence avec la Constitution».

«Je pense, a conclut Mgr Zenari, que nous sommes encore loin de la lettre et de l’esprit des documents de l’OSCE, qui ont tant fait pour que la liberté de conscience et de religion deviennent une réalité dans toute l’Europe Occidentale».

Pour sa part, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a observé jeudi à Bologne, où il assistait au Congrès eucharistique national italien, que la nouvelle loi russe, est «un obstacle au dialogue entre catholiques et orthodoxes», car «elle va compliquer la situation de l’Eglise catholique en Russie». «L’Eglise catholique n’est pas née en Russie, ni aujourd’hui, ni hier. Les normes approuvées compliquent ce dialogue que nous voulons poursuivre malgré tout», a-t-il ajouté.

Commentant la rencontre manquée entre le Patriarche Alexis II et Jean-Paul II à Vienne, en juin dernier, le cardinal Ratzinger a noté que son annulation avait «mis en évidence les difficultés qui entravent encore le dialogue». Il a toutefois confirmé la volonté commune des deux responsables d’Eglise de se rencontrer: «Tôt ou tard, une rencontre deviendra possible, mais seulement dans la perspective de résultats concrets». (apic/cip/imed/pr)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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