Rome: Anniversaire des Accords du Latran signés en 1929 entre Pie XI et Mussolini

L’Osservatore Romano plaide pour une «saine laïcité»

Rome, 10 février 2002 (APIC) A l’occasion de l’anniversaire de la signature des Accords du Latran signés entre le pape Pie XI et Mussolini, le 11 février 1929, le Saint-Siège a publié un texte de fond rappelant les caractéristiques d’une «saine laïcité». L’Osservatore Romano s’interroge à cette occasion sur les raisons qui poussent certains Etats à minimiser l’importance de la religion dans la société.

Ce texte, publié dans le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano» daté du 10 février, revêt une importance particulière en raison de sa «signature», constituée de trois étoiles, et signifiant par là qu’il a été rédigé par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.

L’anniversaire des Accords du Latran est, pour les auteurs, «l’occasion de rappeler que la dimension religieuse doit être effectivement – et il vaudrait mieux dire qualitativement – reconnue comme fondamentale pour une vie harmonieuse dans la société civile, accueillie non seulement dans sa dimension historique et culturelle ou dans ses légitimes prescriptions doctrinales, mais surtout dans sa dimension, telle qu’elle est vécue par les personnes et les communautés en mesure d’inspirer, éthiquement, ’le sens commun’ et ’le bien commun’».

La présence du religieux dans l’ordre social

Les auteurs précisent ensuite que «la ’saine laïcité’», favorise «le passage de la seule ’tolérance religieuse’ à la ’liberté religieuse’». Ils ajoutent que l’objectif essentiel est de «transformer la simple admission de l’existence d’un phénomène religieux à une présence plus articulée de la religion dans l’ordre social, orientatrice de comportements et de choix, de structures et d’expériences de vie, comme de processus de formation et de parcours d’éducations».

«En substance, résument-ils, une saine laïcité qui, réfutant des positions et des considérations qui ne permettent pas une réelle liberté de culte et de conscience, la dimension personnelle et communautaire des célébrations liturgiques ou qui ne garantit pas l’enseignement, l’autonomie dans l’organisation, fait au contraire de la religion un élément en mesure d’exprimer l’identité d’une communauté, d’un peuple ou d’un ensemble de nations, dans le respect des droits et des convictions des autres».

Pourquoi exclure la religion des processus de maturation politique ?

Le Saint-Siège se demande alors «pourquoi exclure la religion des processus de maturation de la politique, des choix législatifs et des prospectives institutionnelles, si l’expérience religieuse appartient à la sphère plus ’profonde’ de la dignité personnelle, jusqu’à toucher le mystère de la vie de l’homme». Il est difficile de comprendre, poursuit-il, pourquoi on veut réduire la religion à un élément uniquement culturel, peut- être à une forme de spiritualité plus ou moins respectueuse des fondements de la vie en commun, ou simplement désigner la religion comme un synonyme de la tolérance».

Les auteurs présentent alors la richesse du «Pacte du Latran» qui «reconnaît la réciprocité des rapports entre la communauté politique et la communauté ecclésiale; dans la distinction des fonctions et des compétences, il garantit la liberté d’action propre à l’Eglise dans les domaines de l’éducation religieuse, de la formation des consciences, de l’annonce prophétique, autant de prérogatives qui appartiennent à sa mission dans le monde». Ils ajoutent que ces valeurs donnent «un juste relief des activités du Saint-Siège» ainsi qu’une «concrétisation et une structure au message dont l’Eglise est le porteur et la voix».

«L’Etat du Vatican, est-il enfin précisé, distinct du Saint-Siège, n’était pas – et n’est pas – la reproposition d’un pouvoir temporel, ni l’instrument pour garantir au Siège Apostolique d’être présent et d’agir comme membre de la communauté internationale. Il est un moyen donné pour renforcer l’indépendance réelle et visible du pape dans l’exercice de sa ’mission morale et spirituelle’ dans le monde». (apic/imedia/be)

10 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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